• 02*1914: Novembre du 1er au 11" bois de Bénamont - la Fourasse". du 12 au 21" Einville"

    04*1914: Novembre du 1er au 11- bois de Bénamont - la Fourasse.Samedi 31 octobre. Le matin repos. Le soir nous allons continuer notre abri contre le tir de l'artillerie. En allant conduire une demi-section à la grand'garde pour y porter des piquets (pour réseaux fil de fer) je trouve un culot d'obus de 72.

    Dimanche matin, 1er novembre. Toussaint. Temps radieux. Je suis de jour. Je vais prendre les ordres du capitaine à 5h 1/2: repos dans le cantonnement; revue en tenue de campagne à 10h (Le 2e peloton est aux avant-postes). Vers 9h les deux pièces de 90 du sous-lieutenant Félix commencent le feu sur la tranchée que nous avons observée sur la côte 300, ouest de Coincourt.

    À midi, il reprend la canonnade. Les grosses pièces de la patte d'oie (au-dessus de Valhey) tirent aussi quelques coups.

    Nous faisons une manille au bureau. Dunand, Lathuile, Muffat et moi. Une bouteille de Mercurey.                                                                       

    À 4 h, le capitaine m'annonce que je remplacerai le fourrier Guichonnet à la liaison. Cela me dispense des avant-postes tous les 4 jours. Je dois rester toute la journée au bureau du Chef de Bataillon pour attendre les ordres, les copier et les transmettre à ma Cie. Je m'installe aussitôt avec tout mon bagage au bureau où je dormirai désormais. À côté de nous, le poste téléphonique reliant Bethelémont avec l'État-major à Bauzemont, avec nos avant-postes de Bénamont de 32, de la Fourasse et les avant-postes voisins d'Hénaménil, de Serres etc.

    Lundi 2 Novembre. Nouvelle canonnade – Dans la nuit, les chasseurs d'Hénaménil ont dû faire une reconnaissance sur Coincourt. Ce soir, notre 6e Cie devra aller à Arracourt et Réchicourt. Dans la journée nos canons font sauter la tranchée avant de Bures. Je vois Célestin Déplante. Notre (mon)1er peloton monte aux avant-postes, sans moi.

    Il fait un temps chaud et clair, avec averses comme en Avril.

    3 Nov. Rien,

    Mercredi 4 novembre. Le 27e peloton monte aux avant-postes avec Joris. Le temps est assez beau. La nuit est tranquille. Vers le matin, brouillard

    Jeudi 5 nov. Je suis à la liaison au bureau du Ct.

    Vers 8h, les téléphonistes nous disent que la 5e Cie au bois de Bénamont vient de crier aux armes. Le Commandant m'envoie chercher ma Cie. Les balles sifflent autour du village; sur la crête, vive fusillade. En allant chercher la 1e section, j’entends les balles siffler au-dessus de moi, dans la combe, à mes oreilles ça fait Zinnc ou floc

    Je reviens m'équiper, monter mon sac. Les compagnies partent occuper les positions. Le Commandant m'envoie porter l'ordre à la 5e Cie de se porter à Bénamont, trouver le premier peloton pour renforcer son 2e peloton aux avant-postes.

    J'y cours sous la même petite musique. La fusillade continue sur les crêtes. À 9h 1/2, la 5e envoie dire qu'elle n'a plus de munitions. Je fais partir les 2 mulets à munitions de la 5e.

    Les 2 pièces de 90 du Lt. Félix, s'installent derrière notre maison, qu'ils ébranlent à chaque décharge. Je vais les voir tirer. Une autre section de 2 pièces de 90 se porte vers la Fourasse (les pièces de Félix avaient d'abord été abandonnées par lui dans le col sous Bénamont). Pendant que je regarde tirer les pièces, un obus allemand arrive à 15 mètres de moi, dans le jardin de notre maison et éclate à côté de Boisier, l'homme de liaison de la 8e Cie, à 5 mètres de lui sans lui faire de mal. Puis les obus s'en vont vers le bas du village, enfonçant un toit, un mur et l'un éclate au milieu des cuisiniers de la 7e sans les toucher. Dans toute la journée, pas un de nos hommes n'a été touché par un obus.

    Vers 2h quelques obus sur le village. 2 aéros français passent à plus deux mille mètres au-dessus de nous. Tableau du village animé qui meurt tout à coup.Tout se cache, rien ne bouge plus (comme si l'aéro était allemand, on n'est jamais bien sûr).

    On annonce que la cavalerie et les cyclistes (2 escadrons et un peloton) vont faire une diversion, en tournant par la gauche, vers la Fourasse.

    04*1914: Novembre du 1er au 11- bois de Bénamont - la Fourasse.

    Pensant que le mouvement va bientôt commencer, je me porte au bout du village. J'y trouve deux officiers d'artillerie. Tout à coup un, deux obus au-dessus de nous, dans la direction de la batterie. Les deux officiers se mettent à courir vers le village au pas de gymnastique (moi je me colle contre un petit mur, dans les orties et les épines) deux obus au-dessus d'eux font sonner les tuiles des premières maisons. J'en laisse éclater une douzaine au-dessus de moi, et en arrière - puis je me porte aux tranchées à 50 m en avant et j'y trouve une Cie du 223 . C'est fini. Les obus allemands, 77 et 105 s'en vont vers la Fourasse, chercher, par des salves de nos pièces de 90.

    Je rentre au village où peu à peu tout meurt; le 223 se porte en avant, en soutien, avec 2 compagnies les deux autres rentrent à Valhey. //Le sergent Thomas, avec la 9e escouade qui avait dû se replier sans avoir le temps d'occuper sa tranchée monte avec elle, vers 10h, rejoindre la Cie.

    Les cuisiniers dont descendus vers 6h et, toute la nuit montent la soupe, le pain, l'eau-de-vie aux hommes qui n'ont rien mangé depuis hier soir. Toute la nuit les pauvres cuisiniers voyagent entre le village et les avant-postes.

    Les renseignements nous arrivent. Le sergent Barbier (adjudant depuis hier) de la 6e est ramené avec 1 balle dans la nuque, 1 dans la poitrine et une dans la jambe. Il a toute sa connaissance. 7 blessés légèrement - 2 sergents tués à la 6e, Pollier et Raffort (celui-ci était le chef de popote quand je mangeais à la 6e à Valhey) et 5 hommes. La 5e n'a perdu qu'un homme; tué d'une balle au cœur au moment où il sautait dans la tranchée. Les Allemands ont perdu beaucoup de monde; on évalue les morts à 150. Leur artillerie n'a pas fait une seule blessure dans toute la journée. Ils tirent avec des 77 et des obusiers de 105.

    Le soir, le (général) Colonel Terris vient nous dicter un ordre. Il est content et plaisante avec nous. Il a de beaux ongles noirs.

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    Extrait Journal des Manœuvres et Opérations du 230è RI.

    04*1914: Novembre du 1er au 11- bois de Bénamont - la Fourasse.

    04*1914: Novembre du 1er au 11- bois de Bénamont - la Fourasse.04*1914: Novembre du 1er au 11- bois de Bénamont - la Fourasse.

     

    Vendredi 6 novembre

    04*1914: Novembre du 1er au 11- bois de Bénamont - la Fourasse.

    Le brouillard se lève, les artilleurs  reprennent de nouvelles positions de combat autour du village.

    Je vais voir derrière l'église, le sergent Pollier, instituteur à Thônes, (originaire de Mures au-dessus d'Alby).Tué d'une balle à la tête.            C'est le 1er mort que je vois.

    Pauvre pioupiou dans ta capote sale et ton pantalon rouge, tout chiné et taché de la boue des tranchées! Pauvres mains pleines de terre!   Où est-elle la beauté et la gloire qui devraient entourer ta dépouille de brave soldat? Te voilà couché dans sur la terre du petit cimetière, sans linceul, sans verdure, sans couronne de feuillage.                     

    Sa femme, si elle le voyait ainsi...

    On descend les autres morts dans le parc du vieux château.

    Vers midi, la 6e Cie puis la 5e descendent. Je vais féliciter mes camarades de leur belle tenue sous le feu. Ils ont enterré Dubouloz la haut, mais on ira chercher son corps pour l'enterrer avec les 7 morts de la 6e compagnie qui a aussi 8 blessés.

    Le lieutenant Joris a deux fanions de signaleurs allemands. Vulliet a un casque et deux fusils. On a recueilli des papiers, des pattes d'épaules sur les morts allemands pour les envoyer à la division.

    Le soir le colonel vient tenir conseil avec le Commandant Girardin pour les récompenses à accorder.

    Toute la journée se passe dans le calme. À deux heures nous recevons "la Dépêche" annonçant la grande victoire de la Vistule. Kielce est dégagé puisque deux points situés à l'ouest de Kielce ont été occupés sans grande résistance par les Russes.

    Les nouvelles du Nord sont bonnes aussi.

    Le soir nous jouons aux cartes, sur le couvre-pieds du mort de la 5e et je gagne 18 fr. au banco.

    Samedi 7 novembre. Il y a reconnaissance du 333e et des chasseurs, quelques coups de feu.

    À 9h le cap. Roubertie rassemble la 5e. Appel, Absent: Dubouloz - mort au champ d'honneur!                                         La Cie présente les armes à son cercueil et défile. Messe des morts, sépulture. Discours. Honneurs.

    04*1914: Novembre du 1er au 11- bois de Bénamont - la Fourasse.04*1914: Novembre du 1er au 11- bois de Bénamont - la Fourasse.04*1914: Novembre du 1er au 11- bois de Bénamont - la Fourasse.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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    04*1914: Novembre du 1er au 11- bois de Bénamont - la Fourasse.

    Nous attendons les journaux avec impatience. On dit que la Turquie est déjà attaquée par la Russie en Asie et par les flottes anglo-françaises aux Dardanelles. La Grèce mobilise (nouvelles données par C. Déplante).

    J'écris à Kielce. Le soir, je joue aux cartes (gagné 7fr) Je rentre au bureau.

    Le capitaine Roubertie vient causer avec nous (Vittet, Tapponier et moi) et nous raconte la marche en avant vers Dieuze de ses chasseurs (23e bataillon). Ses impressions en revenant en arrière, après le choc formidable reçu devant les lignes de résistance allemande - «Hé bien, avez-vous vu comme ils sont forts; que nous sommes petits garçons à côté d'eux; nous ne connaissons rien de la guerre moderne; vous avez vu comme tout était combiné, machiné; quelle cohésion; quelle science du combat.» - Impression d'impuissance désespoir - Armée pas prête, etc. Le capitaine dit qu'on fait circuler le bruit que la Prusse demanderait la paix.Il ajoute que c'est la Russie ou l'Angleterre qui ont voulu la guerre et que l'Angleterre a pour ainsi dire trompé la diplomatie allemande.

    Le capitaine s'exprime avec une facilité et une correction remarquables, en un langage très vivant et fait des tableaux très impressionnants, par exemple, de l'enfer de la canonnade allemande devant Dieuze, les obus crachant leur fumée jaune, verte, noire ou blanche. Les <poupées> de 6 obus avançant de 10 m. en 10 m. sur la Cie couchée, etc. Nous causons jusqu'à minuit.

    Dimanche 8 nov. À 11h le cap. Roubertie vient au téléphone demander des nouvelles au lieutenant Geps à la cote 327. La compagnie monte avec outils à 4 h pour faire des réseaux de fils de fer.

    À 5h on appelle le Commandant au téléphone. Il nous réveille disant que nous pourrions bien avoir une nouvelle journée de canonnade. Nous nous levons, habillons et équipons rapidement. Nous allons faire charger le mulets. «En cantonnement d'alerte!» Puis tout se calme. Ma Cie avait cru voir à la corne du bois (mon petit poste), cru apercevoir des patrouilleurs dans le brouillard. Puis rien.

    Le soir, les journaux nous donnent quelques détails de la bataille de la Vistule. À Kielce on a pris 600 prisonniers. Les officiers viennent voir notre carte de Russie et se font expliquer les positions des Russes et des Allemands.

    Lundi 9nov. Journée calme - pas de lettres. Brouillard.

    Le soir, le Commandant prie de le réveiller à 4h. Nous supposons qu'il y aura une reconnaissance.

    Une escouade de la 5e égarée dans le brouillard ne peut rentrer.

    Mardi 10 nov. 4 h matin brouillard. Alerte. Je vais réveiller la Cie. Le 223 arrive de Valhey avec l'artillerie. L'action se déclencha très tard (retard de la division de cavalerie)

    Le Colonel Terris, commandant la brigade, passe la matinée et la soirée au téléphone. La canonnade commence vers deux heures - Légères fusillades. Nos canons tirent peu.

    Pendant la canonnade le colonel Terris me demande si j'ai des nouvelles si j'ai des nouvelles de Russie, de ma famille.

    Nous causons de mon voyage, de Constantinople, où il a voyagé, des juifs, des Français (tradition), des Slaves, peuple jeune et sans attaches. - Arrive C. Déplante.

    Le soir vient. On annonce 1 dragon blessé en tombant de cheval; 3 blessés au 223e; 1 commandant tué et 14 blessés au 222 – Arrivant de Bethelémont des réfugiés de Coincourt, qui donnent des renseignements.           Les Cies descendent. Tout est fini.

    04*1914: Novembre du 1er au 11- bois de Bénamont - la Fourasse.Mercredi 11 novembre  Fête d'André et anniversaire de la naissance de Georges (Georges et André ses 2 fils) . J'achète deux poulets et une poule, je commande des beignets aux cuisiniers pour le soir.

     

    Point d’événements - une patrouille vers la Hte Rionville reçoit des coups de feu.

    Le Commandant Girardin me communique un journal disant que les fonctionnaires russes sujets français gardent leurs places en Russie. Je lui apporte une balle vieux modèle tirée par les Allemands (trouvée par le lieutenant Joris). Il m'invite à prendre un grog avec les officiers. Nous causons une demi-heure. J’emprunte les petits verres des officiers pour boire le Cointreau. Dîner - sardines, anchois - soupe au gruau et pommes de terre - poulets rôtis nouilles au fromage - fromages – beignets - figues. Je paie 5 litres de vin (en plus du quart de la Cie) Thé au rhum, cigares, Cointreau, Chaussons -

    Coucher à 11h après avoir écrit à Georges et à André une lettre, envoyé une carte signée de tous les camarades.

    Grand vent il neige un peu.

    Quel temps pour les tranchées !

    Jeudi 12 novembre. À 1h ordre de départ pour Einville. 
    Les fourriers partent dans le 1/4 d'heure préparer les cantonnements. Je ramasse mes affaires et en route.

    Temps menaçant et noir, vent violent, tempête, quelques gouttes de pluie.En passant à Valhey, bonjour à Mmes Braconnard, café et en route pour Einville. Mes souliers neufs me font mal aux pieds. En arrivant, je prépare les cantonnements de ma compagnie, chambres d'officiers, écurie, infirmerie, mitrailleurs, popote des sous officiers. Le maire Mr Dieudonné récemment rentré de captivité m'aide à trouver. Les cuisiniers arrivent, je les installe. Vers 3h 1/2 les Cies arrivent ; je conduis chacun à son nouveau domicile. On ne fait pas de dîner pour les s/off ; un peu de café et on se couche. J'ai un lit passable dans le bureau du Commandement ; l'adjudant couche en haut; les camarades dans une chambre à côté, sur des matelas et des sommiers avec couvertures et édredons pris au Château. Je peux lire au lit. J'ai installé deux cartons verts (du juif marchand de grains Hayem  chez lequel nous logeons) sur une chaise, un bougeoir dessus et une peau de sanglier comme descente de lit.

    13 novembre Vendredi

    Notre popote, installée dans un café, doit déménager par ordre du Commandant; nous nous scindons en deux popotes; La mienne s'installe dans la même maison que le Bureau du Commandant où je couche. Je trouve une table et des chaises au café d'en face, fermé. Le soir, 200 laissez-passer à la signature (paysans, ouvriers et ouvrières des salines d’Einville et des salines de Maixe). Notre 1er Baton avec le colonel sont à Maixe, la brigade à Serres, la divon à Dombasle. J'ai bien mal aux talons.

    Le soir grand vent dans les arbres qui bordent le canal. Pauvre 223e aux tranchées! Mauvais début.

    14 novembre, samedi: Arrivée de 100 fusiliers marins à Einville et 60 hommes de la territoriale pour nous renforcer (du 107e; 15 par Cie). Les canons 155 du bois de Saussy tirent; les arrivants sont impressionnés. Nous installons un bureau pour les laissez-passer à la mairie avec Decoux, secrétaire, le caporal Thomé comme planton et 2 gendarmes. On doit installer à la mairie un bureau de la place.

    Nous dînons pour la première fois à notre nouvelle popote, le 2e peloton, seul. C'est l'automne; averses, giboulées, soleil; aujourd'hui il a fait plus chaud.

    On vit sans penser, absorbé par le service et la vie animale: manger, boire, fumer, dormir. Du bois pour le poële! Victoire! Quart de vin, ce soir! J'ai pu avoir une bouteille de rhum! Lugrin a une boîte de cigares! Voilà quels sont les évènements de cette vie.

    J'ai reçu 3 lettres ou cartes; du Dr Bouvier, toujours fidèle camarade; de Mr Chabert, professeur à la faculté de Grenoble et de Mr Callet, commissaire de surv. à Chambéry.

    Rien de Russie! Si Marie m'avait télégraphié à Annecy, je devrais déjà avoir reçu la dépêche. Pourquoi ne m'a-t-elle pas écrit plus d'une fois depuis le 15 sept. jusqu'à la réoccupation de la ville? ( Sa femme et ses enfants sont à Kielce, ville dans la partie russe de la Pologne.  la ville a été prise par les autrichiens puis reprise par les russes )

    15 nov. Dimanche - Beau temps. Je me lève tard.Le Gros Ballly d’Annemasse vient me faire une visite au bureau. Tout le monde est parti d'Annecy, toute la 32e excepté Fargeon.

    Les bleus de <Valence> sont presque tous partis déjà. Peillex, Bogain, Belleville ont été nommés s/lieutenants - Vigroux, blessé - Max Pompée est adjudant, après citation à l'ordre du jour.

    Arrivée de 100 fusiliers marins de Brest. Arrivée de 400 artilleurs avec 200 chevaux, venant des environs de Nancy avec du matériel pour monter des plates-formes pour canons de marine.

    Journée de bousculade. Lettres, colis, etc. Pluie et vent le soir.

    Le colonel vient; conciliabule; sera-ce une alerte? - Rien.

    16 Lundi Rien.

    17 mardi. Le soir, le cycliste Girod, cycliste du bataillon, se casse la tête contre un arbre le long du canal. Il est relevé de ses fonctions.

    18 Mercredi. Il a gelé dans la nuit. Temps sec froid et lumineux. Promenade au cimetière. «3 braves bavarois»; Uhlans; tombes allemandes décorées,  le 1er nov. par nos soldats - tombes de 3 fusillés d'Einville.

    Le 18, Je reçois aussi une lettre de Chabert, une de Callet, commissaire à Chambéry et une de William[2], m’annonçant que Léon LeGallic[3] a été tué le 30 août, à Fossé dans les Ardennes

    Il gèle fort, même dans la journée; temps superbe. Je reçois un paquet de Mr Girard[4] dont je distribue le contenu à la 3e escouade avec laquelle j'ai été sous la mitraille.

    Vulliet et 2 capitaines, Berruet et Rendler sont envoyés former un peloton à Dombasle.

    20 novembre. La bise, forte gelée.

    le soir arrive une brigade de dragons de Lunéville. 12e et 8e régiments avec deux batteries volantes, des autos mitrailleuse et des auto-canons. Je conduis le sous lieutenant Hailllaux-du-Taillis aux Salines (après avoir fait le cantonnement pour 90 chevaux du 1er escadron du 12e) - Causerie; chasse; attaché militaire (il a échoué à l'examen diplomatique) son oncle, père, agent de change. Rencontre au barrage, d'un homme faisant l'ivrogne; j'ordonne aux sentinelles de le conduire au poste.              

    Pas d’alerte cette nuit-là.

     

    [2] William Voizin son beau-frère (demi-frère de Marie sa femme) est à Paris.

    [3]  Mari de Suzanne Legallic née Voizin ( fille de William Voizin ) . Léon LeGallic Sergent au 46  RI est décédé le 30 août 1914 à Fossé dans les Ardennes.

    http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/fr/ark:/40699/m005239f2ef3a801/5242becb8b7b2

    [4] GIRARD Bernard Antoine né en Savoie. Légion d’Honneur 1911. Ami de J.D                 

     

     

     

     

     



         

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