• 04*1914 : Décembre 1er au 31 - " Fricoteur" "Des Nouvelles!" "1er Noël en Guerre"

    1er décembre 1914 . Beau temps clair, pas froid.

    5e mois de guerre. Malgré les victoires russes, on n'entrevoit pas la fin.

     

    Le soir, manœuvres de cadres entre Dombasle et Vitrimont.

    Énormes trous d'obus, éclats de fonte, de cuivre, d'aluminium ; tranchées, abris, plaques de tôle, portes volets, plaques de zinc ... ferme brûlée, puits de salines.

    Mes doigts de pieds gelés me font bien mal, dans la marche, quand le pied se réchauffe.

     Deux cartes de Massingy m'annoncent que Joseph de Cessens 1 est mort à l'hôpital dans les Vosges, le 4 novembre (en revenant de la manœuvre causée par le Lieutenant. Rendu)

    1 Joseph Marie Duchêne 297èRI, un parent. Blessé - Mort le 4/11/1914 à l'hôpital de Rambervillers (88)

    2 déc. Rien de particulier. Favier arrose ses galons d'adjudant.

    3 déc. Vittet adj-chef; Ducret, Perrey adjudants.

     

    4 déc.Je vois M.Bergeret, Docteur qui me renvoie au Dr Payot.

     

    5 déc.Certificat du Dr Payot pour mes pieds

    Veille de St Nicolas; nous offrons un tour de cou avec améthystes à la fille de notre patronne de popote, Mme Nicolas - Tir aux champs de Padoue -  Il pleut.

     

    6 décembre dimanche - Attends le Dr Bergeret. Je finis vers 9h10 par frapper à sa chambre; il se fâche de me revoir à l'infirmerie. Là il décide que ce sera pour le soir, le soir, il me traite de fricoteur... J'encaisse le mot sans broncher.

     

    7 lundi. Ex de bataillon le soir. Je demande la permission.

     

    8 Mardi Manœuvre de brigade. Je n'y vais pas. Le capitaine est mécontent. Tout se gâte pour moi. Je vais bientôt être considéré comme un mauvais soldat et un mauvais citoyen. Laissons passer; Ma conscience est tranquille et cette épreuve me remonte le moral.

     

    Toujours pas de lettre de Kielce2. J'ai envoyé une lettre au Général Jilinsky, lundi matin, demandant nouvelles télégraphiques des familles Jilinsky, Astafieff, Duchêne. Temps gris, chaud, quelques gouttes de pluie. Par lettre partie ce matin, j'ai demandé 100 fr à Massingy3. Ernest, de Grenoble, m'a écrit4.

    2 Ville de Pologne où sont sa femme et ses enfants. 3 Massingy Haute-Savoie, son village natal 4 Certainement Ernest Duchêne (neveu) 14è Section. infirmiers militaires - Grenoble

     

    9 décembre. Manœuvres de nuit; projecteurs sur Nancy.

    Pas de dépêches, pas de lettres de Russie. Bonne lettre de Chabert. Imperméable en toile cirée de M. Girard - dont j'ai déjà reçu deux paquets dimanche. Savons, crayons, floréine, biophorine, cigarettes, tabac, chocolat, papier spécial - distribué à la 3e escouade.

    10. Jeudi. Manœuvre de régiment vers Manoncourt. Célestin et le Dr Bergeret forment l'E.M du colonel. Vu le cap. Anthonin.

    Le canon gronde sans interruption vers Pont-À-Mousson.

    4 aéros passent sur nous; l'un nous fait un magnifique vol plané en se dirigeant sur Nancy.

     

    11. Vendredi Temps superbe et chaud.

    Manœuvre de Brigade vers Haraucourt. Le canon tonne, les aéros se suivent sans interruption; ils reçoivent des obus allds. Nous marchons près des Salines, au milieu d'énormes trous d'obus remplis d'eau, 15 m. de circonférence, tranchées, abris, 1 arbre culbuté par un obus. À droite, ruines d'Haraucourt.

    En rentrant, mes doigts de pieds gelés me font beaucoup souffrir; de plus j'ai une douleur au-dessus de la cheville du même pied. Je rentre avec peine.

    05*1914: Décembre du 1er au 31 - " Enfin des nouvelles de la famille " & "1er Noël en Guerre" J'envoie en passant par Warangéville, le cycliste du bataillon Quetand, voir à la poste si je n'ai pas une réponse télégraphique de Jilinsky. Il m'annonce, comme je rentre à mon bureau, qu'il n'y a rien; je me retiens de pleurer et je manque de jeter mon fusil à terre de dépit. J'ai à peine le temps de m'asseoir que Dumont, le sergt-major, m'apporte une grande enveloppe de Russie. Je suis anxieux de voir la date, je l'ouvre : c'est du 4 novembre! Lendemain de la prise de Kielce par les Russes - Ils sont tous vivants ! Une photo ! Quel bonheur. Je lis ma lettre en pleurant...

    Puis malgré mes pieds malades, je vais en ville acheter des châtaignes, du rhum, 10 bouteilles de vin blanc, une boîte de demi londrès. Bonne soirée. Les camarades de popote partagent cordialement ma joie. On chante ; on dit des monologues. Dumont arrive - Je l'embrasse.

    12 samedi. Rien, Hier je n'ai pu écrire à cause de mon émotion. Je fais des lettres toutes la journée. Il pleut.

    Hier le Capitaine Roubertie a quitté le commandement de la 5(23 e) Cie pour passer au petit dépôt de Warangéville. Geps commande la Cie.

    12 décembre Dimanche. Temps beau et chaud. Repos. Promenade au cimetière. Séance récréative, rue Jolain, donnée par le 223 aux officiers et s/off de la brigade. Raymond, de l'opéra comique - Lakmé et Plaisir d'amour - Faust par Guignol lyonnais - L'Amour, par un lieutenant du 223.

    13 lundi. Manœuvre de régiment vers Manoncourt. Un peu de pluie. Lettre d'Empereur5.07*1914:  du 24 novembre au 18 décembre

    5 M. Empereur :  Député puis Sénateur de la Savoie de 1909 à 1920 -

    14 mardi. Rien - un peu de pluie - lettre de Cibaud ; il a écrit à ma femme …

    15 mercredi. Manœuvre de régiment vers le champs de tir de Padoue et Ville-en-Vermois ; il pleut ; je sors ma «dalmatique» en toile cirée, don de M.Girard. 

    16. Baignade à Nancy. Je n'y vais pas. Je reçois une lettre de Félix Ramaz6 avec 10 francs pour boire un canon. Lettre de Cibaud. 6 Mari de sa soeur Antoinette Eugénie

    17 Vendredi. Beau temps ; je reçois une deuxième lettre de Marie, avec la photo des enfants prise par moi dans le jardin. Je paie les châtaignes et le vin blanc le lendemain soir.

    Samedi 18. Rien - beau temps - Beignets, châtaignes, vin blanc. «L'industriel savoisien» a publié mes quelques lignes sur le dons des instituteurs et m'a envoyé le numéro du journal.

     

    Lundi 19 décembre 1914 soir. Nous recevons l'ordre de nous préparer à partir le lendemain soir, pour Erbéviller et Homécourt.

    Surprise! On décommande les oies et les dindes du réveillon. Tristesse de nos hôtes.

    22 décembre Mardi. À 1h, les fourriers seuls partent. Deux aéros boches suivis d'un français. Beau temps. Une voiture qui conduit du vin nous a pris nos sacs. Haraucourt en ruines; l'église; maison crevées, incendiées, criblées de balles. J'achète du pain et du fromage.

    08*1914: Décembre du 19 au 31 - 1er Noël en Guerre

    Route qui traverse champs de bataille. Des tombes avec des képis de chasseurs à pied; des trous d'obus français; bois hachés par la mitraille - Réméréville, en ruines.

    08*1914: Décembre du 19 au 31 - 1er Noël en Guerre

    Halte sur le pont - Arrivée de nuit à Erbéviller occupé par le 257e de Bordeaux que nous relevons. Le village n'a que 3 ou 4 maisons avec toit; le 34e territorial (mitrailleurs) et la 58e d'artillerie en occupent une partie. À la liaison, on nous donne du gâteau et du thé café; le lieutenant Fagot nous a donné son repas froid; j'y ajoute mon pain et du chocolat. Coucher dans le cantonnement des mitrailleurs du 257e; grange sans paille; froid. Je ne dors pas de toute la nuit.

    23 décembre. Arrivée des 2 compagnies 7 et 8 à 4h 1/2. Les autres autour de 6h 1/2. Nous organisons une popote à la liaison. Quetand de Thônes, le cycliste, cuisinier. Boisier, horloger à Marmoz, aide. Nos artilleurs tirent dans la journée; à Sornéville, un obus allemand de 105 a tué un homme et ses deux chevaux au milieu de la rue (la veille). Tous les jours les obus allemands démolissent une ou deux maisons. Les Allemands ont, paraît-il, une pièce de 105 circulant sur rails, qu'on ne peut découvrir.

    24 jeudi, veille de Noël - Arrivée des colis d'Annecy; il y a du chocolat d'Annecy; du tabac, cigares, cigarettes suisses; briquets, biscuits, figues, oranges, pipes, bonbons, caramels. Paquets venant des écoles de Warangéville et St Nicolas. Nous faisons la distribution et expédions cela. Ma compagnie (la 5e ou 23e) est au bois de Faux pour deux jours. Nous mangeons copieusement vers 6h. Tapponier m'a rapporté de St Nicolas du Cointreau et une boîte de demi londrès.

    08*1914: Décembre du 20 au 30 - 1er Noël en Guerre

    Le Commandant m'apporte un pli pour le Lieutenant Gebs, commandant ma compagnie. Je vais, la nuit, le lui porter dans la forêt. Départ à 6h1/2avec le cycliste Quetand jusqu'au poste de liaison sur la route de Sornéville et Moncel. Puis tout seul, je vais à droite, où à 200 m dans le petit bois, je trouve la sentinelle et le poste, couvert de bâches, de l'adjt Cattin et du Sergt-major Dumont.

    Arrêt de quelques minutes; Je prends un homme pour me conduire. En route, à travers la forêt boueuse. 500 mètres de forêt, 500 m de champ, en montée, 2e forêt gardée par des sentinelles; 500 m dans la forêt.Je suis au poste du chef de grand'garde: une vraie casemate souterraine à l'abri des gros obus.

    08*1914: Décembre du 19 au 31 - 1er Noël en Guerre Sur le chemin du retour tous les postes m'attendent avec anxiété; comme je suis porteur de mauvaises nouvelles et que ma venue a été signalée, tout le monde veut savoir, on croit à une attaque générale pour cette nuit de Noël.

    Je reviens à travers le bois boueux jusqu'au 1er poste près de la route; on me retient à manger des friandises puis nous faisons un bridge : Adj.Cyprien, Sergent-major Dumont, Sergent Roupioz. Vers 10h. Nous prenons du thé.

    À ce moment, le tir de nos batteries commence et continue pendant que je reviens tout seul vers Erbérviller. Les collines vers Mazerulles, Champenoux etc, s'illuminent de grandes lueurs, puis 15 ou 20 secondes après, j'entends l'explosion grave, puis l'obus qui passe haut dans l'air, à gauche au-dessus de moi, avec un ronflement puissant; puis là-bas, vers Moncel et la frontière, l'éclatement de l'obus.

    Quand les pièces de marine d'Erbéviller tirent, l'obus passe plus près. Aucune riposte des Allemands qui ont, parait-il l'ordre de ne pas tirer la nuit pour ne pas gaspiller des obus. Le tir continue jusqu'à 1 heure du matin.

    25 décembre. Noël, beau temps clair avec faible gelée.

    08*1914: Décembre du 19 au 31 - 1er Noël en Guerre L'après-midi, je monte communiquer le rapport aux A.P avant- postes, juste au moment où des obus allemands tombent à 300 mètres d’Erbéviller, le tir de notre artillerie commence ; les Allds répondent en envoyant, comme ils le font presque chaque jour, 10 obus sur Sornéville ; depuis le bois d' Erbéviller qui domine, je vois une maison sauter avec un gros nuage de poussière qui reste 10 minutes en l'air.

    Le lieutenant Duchesne, téléphoniste, et en train de placer une ligne de la route (poste de liaison) au poste central du bois Thiébault (ou bois de Faux) où est ma compagnie. Je le conduis ; nous pénétrons trop avant dans la forêt ; biche, lièvre. Enfin nous arrivons devant un arbre bien décoré; le Lieutenant Gebs et les s/off se photographie en groupe; avec leurs peaux de mouton, autour de l'arbre. Je leur passe des cigares et reconduis le Lt téléphoniste par les lisières des bois. Rencontré Cyprien et Dumont qui vont rejoindre le groupe. Dans leur abri vide, je mange du fromage et des figues. Le canon tire encore (le nôtre). Je rentre au village.

    Le soir, je reçois une invitation au bridge, aux A.P avec le Dr Cattin, celui-ci ne peut y aller, j'y vais avec le sergent Gallay ; nous leur apportons deux bidons de vin, les lettres ; j'ai une demi-bouteille de Cointreau et des cigares français pour les camarades <…ises> pour les hommes du petit poste. Eux ils ont un poulet de Sornéville, du beurre, des œufs. Je remange un peu, je bois du vin, du café, puis le Cointreau et nous faisons une partie de bridge (Lugrin est là; Jollivet dort dans un coin sombre, il fait chaud)

    Nous redescendons, comme la veille, à la lueur des coups de canons français; au loin une maison brûle, derrière Champenoux.

    26 décembre: Le lendemain beau temps, gelée; nous apprenons qu'un dirigeable a lancé des bombes sur Nancy; il a passé par-dessus nos A.P vers 4h 1/2. La même nuit une maison a brûlé à Sornéville. Le cap de la 8e Cie prétend que ce n'est pas un signal, mais un habitant qui aurait pillé une maison voisine et l'aurait incendiée ensuite.

    La population de Sornéville évacue; tableaux dans Erbéviller. Vaches, cochons, chèvres; voitures chargées de matelas, meubles; femmes et enfants; pas d'hommes, des vieux. Les chevaux leur manquent; les premiers partis n'ont pas ramené les chevaux et les voitures. Les pauvres gens! Ils s'en vont dans l'inconnu, laissant toute leur maison, leur intérieur, leur mobilier en partie.

    Hier, un avion français a, paraît-il démoli la batterie de 105 ou de 220 sur des rails qui tirait sur Sornéville. Aujourd'hui pas d'obus d'allemand sur le village.                                                                                                                                 Je reçois une lettre d'Alik1 et une des Péthellaz (annonce d'un colis pour Noël).

    1Son beau-frère en Russie

    05*1914: Décembre du 1er au 31 - " Fricoteur" " Des nouvelles de la famille "  "1er Noël en Guerre"

    05*1914: Décembre du 1er au 31 - " Fricoteur" " Des nouvelles de la famille "  "1er Noël en Guerre" 27 décembre : Temps clair, et plus chaud.

    Un avion allemand nous survole pendant longtemps, revenant 3 fois sur nous; grand biplan; à une grande hauteur; il paraît qu'il a lancé des bombes sur Nancy (c'est la 2e fois en 2 jours). Le soir deux avions nous survolent; mitrailleuses, fusils tirent sur eux. Ils sont trop hauts. Plus tard un biplan français se montre.     Les habitants de Sornéville continuent d'évacuer. Depuis 2 jours il ne tombe plus d'obus sur le village. Mais les avions allemands leur font peur, car ils présagent la reprise des canonnades.

    Une note de service de santé de la Division - le général Bigot est venu en auto, annonce une visite, pour constater les contre-indications à la vaccination anti-typhique, vaccination qui aura lieu pendant la très prochaine période de repos.

    Nous redescendons à St Nicolas mercredi. Dans notre bureau sur la paille, nous couchons à 6. Tapponier a rapporté de Sornéville un rouet lorrain, du lait et une bouteille de  mirabelle. Tous sont gris, sauf l'adjudant et moi. Dans la nuit, pluie.

     

    28 décembre. Pluie. Temps chaud, vent. Le capitaine Roubertie vient à cheval de Courbesseaux à Erbéviller. Il m'annonce qu'il revient à la Cie dès notre retour à St Nicolas, après demain. Nous causons de l'issue possible de la guerre. Il ne croit qu'à la décision par les armes. Blocus impossible.

    Dans l'après-midi, je monte à Sornéville. Thomé, sergent-clairon et l'adjoint de bataillon Vittet m'accompagnent jusqu'au poste de liaison au niveau du bois d’Erbéviller. Je continue seul ; les 90 profitent de l'éclaircie pour tirer quelques obus. Pas de réponse allemande. Je trouve une marmite de campement et j'arrive à Sornéville, après avoir rencontré beaucoup de voitures de gens qui évacuent; deux femmes avec des voitures d'enfants qu'elles poussent. Grand Village a une seule longue rue jusqu'à la place de l'église ; là elle bifurque ; l'église a reçu un obus sur le choeur, d'autres passant par-dessus, ont enfilé la rue et tué un homme et 2 chevaux et démoli quelques maisons.

    Les gens emballent en pleurant pour déménager. C'est un ordre. L'intendance leur achète le bétail, le blé, la farine, les pommes de terre – On leur promet des fourgons. J'achète une poule pour 3 francs et 4 litres de lait à 4 sous. Je vais prendre le thé avec le lieutenant et les adjt Favier et Ducret.

    08*1914: Décembre du 19 au 31 - 1er Noël en Guerre Tapponier [*] m'emmène à l'église, pour jouer de l'harmonium pendant que la pluie accumulée sur la voûte sans toit, tombe en grosses larmes sur le pavé. Un trou au-dessus de l'autel.

    L'entrée est gardée par une sentinelle; le clocher est intact. La nuit tombe et partout on charge des voitures.

    La pluie menace, le vent d'ouest souffle avec violence.

    Nous rencontrons le Lieutnt Gebs et l'adjant Favier qui partent en ronde aux A.P. Et nous rentrons vers Erbéviller ; je porte ma marmite de lait; Tapponier mène sa bicyclette en portant son rouet et Thomé, venu nous rejoindre, sa bouteille de «mirabelle», un support double d'obus de 105 et ma poule.

    Devant nous le projecteur de Nancy fouille les nuages; le vent siffle dans les fils téléphoniques ; une auto venant de Nancy raye la nuit de son phare. Un peu de pluie dans le vent. Nous arrivons. Rien de nouveau. Dîner puis partie de bourre avec le service sanitaire. J'ai 4 lettres de Varsovie (Alik) de Philomène2, du Dr Bouvier et d'Haguemiot.

    2 Philomène: Une de ses sœurs

     

    29 décembre Journée calme. Reçu 8 lettres et 1 paquet.

    // Le matin, Le Ct m'envoie porter à Sornéville l'ordre de départ pour demain matin. J'y vais à bicyclette ; le vent me pousse pour monter, pour redescendre impossible. C’est Jourdil qui ira faire le cantonnement, il descend aussitôt. Je rapporte une poule pour l’aide-major Cattin // L'après midi, je vais avec l'adjudant Vittet, voir les batteries de 90 dans le bois Morel. Ils jouent aux cartes dans leur abri. Ils n'ont pas un seul blessé; ils ont tiré à la mitraille à 250 mètres. En rentrant, explosion du clocher de Champenoux, détruit par nous.

    Le soir en revenant des batteries de 90, explosion du clocher, puis dîner et visite aux artilleurs. Partie de cartes avec le service sanitaire à qui je porte des bonbons reçus, avec des cigares, de Mme Bouvier, docteur. Coucher je ne dors pas.

    Le 30. à 4 h - le 323 qui nous relève arrive; je conduis une section au bois de Faux (relever la 6e) et je fais passer à la compagnie allant à Sornéville la ligne des sentinelles; retour à Erbéviller ; dormi deux heures - Départ, derrière le bataillon, vers 7h 1/2.Nous traversons Réméréville dévasté, le champ de bataille labouré d’obus.À Haraucourt, nous nous arrêtons (la liaison) pour manger dans une épicerie; confiture, fromage, vin blanc.

    Arrivée à St Nicolas vers midi. On se réinstalle rue de Laval ; le bureau à la brasserie; j'ai un lit derrière la brasserie. Il gèle la nuit.

    31 décembre 1914 . Rien - Lettres; le soir souper aux escargots, coucher à 3h du matin. Il ne gèle plus. Ayant gagné 8 où 9 francs à la banque, je donne 4fr aux cuisiniers . Touché prêt. 18fr92

    08*1914: Décembre du 19 au 31 - 1er Noël en Guerre


    [*] Paul Tapponnier ( 1884/1970) deviendra député de Haute-Savoie en 1919  - Son nom apparait une dizaine de fois dans les carnets.

    04*1914 : Décembre 1er au 31 - " Fricoteur" "Des Nouvelles!"  "1er Noël en Guerre"

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