• 06*1915 Février - Einville, Parroy

    07*1915 Février - Parroy2 février mardi. Pas de lettres de Marie. Carte d'Empereur - Beau temps.

    Avions L'un doit descendre vers Gerbéviller, en arrivant de Lunéville . L'autre revient en passant droit sur nous

    Le sergent Pinget de la 2e Cie a été blessé par les Allnds dans Parroy. 2 balles dans le bras.(Voir vendredi).

    3 février mercredi. Pas d'avions = On a tué ce matin un Allemand devant Parroy;

    vers 2 heures, les Allemands attaquent, la 21è Cie résiste sur place et nos 75 et 90 dispersent les rassemblements.

    4 février jeudi. Beau soleil clair. Pas de lettres sauf de Marie Bouvier, du Dr et de sa femme - Le Dr Bouvier est sur le front.

    3 avions allemands salués par des obus. Le soir un français. Venant de Nancy; on lui tire dessus!

    Ordre aux 75 de cesser. Les Allemands tirent le canon.

    5 février Vendredi - beau temps. Devant Parroy, l'Adjudant Fromaget et un soldat (de cavalerie) ont été surpris pendant une reconnaissance.

    La patrouille (P.P.) commandée par un lieutenant de cavalerie est rentrée en évitant le village; lui a été pris.

    Pas de lettres, de personne. Les Cies du 1er Bataillon touchent des capotes bleu-clair; des képis et couvre-pantalons.

    On forme une 3e section de mitrailleuses et toutes les trois sont réunies en une Cie de mitrailleurs.

    Vulliet y passe comme fonction sergent-major. Marquand comme Sergent. Préparatifs du Bataillon Imbert pour monter demain, sauf la 19e Cie qui reste.                                                                        

     

    6 février samedi. Relève. Mon bataillon (3 compagnies) redescend aujourd'hui; je ne serais plus isolé.

    Vers 6h 1/2 les fourriers arrivent; vers 8h1/2 les Cies. Je me réinstalle pour coucher au 1er de la maison Hayem, draps blancs ! Pas de lettres.

     

    7 février dimanche. Pluie. Dégel. Repos . Pas de lettres. Joué aux cartes. Les Allds annoncent qu'ils torpilleront navires marchands dans la zone autour de l'Angleterre. Violents combats en Pologne.

     

    07*1915 Février - Einvile,  Parroy8 février Lundi. Dans la nuit et le matin, pluie. Vers 9h, temps clair et chaud de printemps. Le bateau à vapeur a pu briser la glace du canal et reprendre ses voyages de ravitaillement entre Warangéville et Einville. De Lunéville, la garnison vient se ravitailler à la gare d'eau.

    Arrivage considérable d'obus à la mélinite pour nos 75, venant du grand dépôt de Sommerviller (Transféré de Ville-en-Vermois) - Dans l'après-midi, de nombreux officiers d'artillerie, montent avec des canons de 75. On doit aussi essayer les pièces de 155 de Serres (Bois de Saussy) qui ont remplacé les vieilles, un peu usées déjà et qui vont, paraît-il, être fréttées pour recevoir une charge plus forte.

    Les généraux de brigade et de division viennent chez le colonel, sans doute pour causer de Parroy, où, ce matin encore nous avons eu des pertes (des dragons). Pinget, déjà nommé adjudant est cité à l'ordre du jour de la Divon.

     

    9 février. Rien de particulier. Pas de lettres de Kielce. Lettres de Pompée, de Chabert et paquet d' Eugénie : Crottes de chocolat et 5 tablettes.

     

    10 février. Reçu une carte de Marie, installée à Varsovie.

    Nouvelles capotes gris-bleu-clair. Il pleut.

    Dunand est grossier envers le capitaine, brise son fusil après l'avoir approvisionné et avoir proféré des menaces. On l'amène au poste.

    Canonnade le matin La Neuviller.

     

    11 février. Jeudi temps clair. Adjudant Veyre (17è) et un homme (Buttet) sont blessés à Parroy.

     

    12 fév. vendredi - Pas de départ, mais alerte à 7h du matin à cause d'une attaque sur Athienville Arracourt, repoussée par la 333. Avion allemand sur Einville, très bas.

    Reçu de William, photo de Marie et des enfants faite par lui.

     

    13 fév. samedi. Bains douches à la brasserie d'Einville.

     

    14 dimanche . Lever à 3h 1/2 pour réveiller la Cie qui part à 4h1/2 - Recouché et parti à 6h 3/4 pour Bauzemont .

     

    15 lundi. Reçu 2 lettres de Marie (lettre du 22 janv. carte du 27)

    Hier on a installé trois 120 longs devant le village et 3 autres derrière Hénaménil, en avant de Raville.

    Le soir, les 155 du Bois de Saussy tirent quelques coups. Vers 8h, un dirigeable allemand est signalé sur Athienville. De l'observatoire derrière le château, spectacle tragique des immenses tentacules de 4 projecteurs cherchant à saisir le ballon.

    Le vent violent de ces 2 jours s'est calmé après 2 chasse-neige dans la journée.

     

    16 mardi. Violente canonnade de grosse artillerie au loin vers Verdun ou Pont-à-Mousson. Que se passe-t-il ?

    Ici les 95 tirent ; les Allds répondent par quelques obus de 150. Quelques coups de nos 75. Temps brumeux au loin, un peu de vent.

     

    17 mercredi –  Temps clair et doux. Pluie le soir.

    Un avion à droite vers Crion Lunéville essuye un feu terrible. Canonnade intense vers Pont-à-Mousson; l'air vibre.

    Les 77 arrosent Parroy, Bures, 322 et 327 (avec fusants). Hénaménil surtout (130 obus sur Hénaménil occupée par ma Cie tuent une vache et une poule); le clocher reçoit 2 obus ; Lugrin au pont entre 283 et Hénaménil, reçoit 2 obus dont l'un casse deux arbres. Des renseignements reçus par téléphone ; nous n'avons pas un seul blessé sur toutes les lignes de nos avant-postes (223, 333, 230 et 229). Les 120 n'ont pas ouvert le feu; les 95 ont peu tiré ; les 90 un peu. La 22è Cie (Boisier) monte d'Einville à Bauzemont renforcer et faire des travaux1.

    On décide d'évacuer la population d'Hénaménil. Les Allemands ont sonné les cloches.

     

    18 jeudi. Temps pluvieux, mais assez clair. Vers midi, canonnade au nord, Pont-à-Mousson?

    Les Allemands bombardent 283 et Hénaménil avec leurs 77. Le général Bigot (74è Don) vient à notre château, monte à l'observatoire. Les 120 tirent. 2 sont au bas du cimetière, 1 à la maison brûlée au-delà du pont d'Hénaménil; les 95 appuyent : l'ennemi fait silence.

    Demain matin, 32 voitures commenceront à évacuer les habitants d'Hénaménil, qui a reçu encore 30 obus aujourd'hui.

    Au loin vers Pont-à-Mousson, canonnade violente (depuis le 14).

     07*1915 Février - Einvile,  Parroy

    19 vendredi. Belle journée de printemps, soleil tiède.

    On entend encore par moments la canonnade vers Pt à Mousson;

    les Allemands tirent sur Parroy qui brûle et sur les autres Gds Gardes.

    Le Communiqué officiel annonce: 3è jour de succès à Pont-à-Mousson (Xon, Norroy); en Alsace ; en Champagne.

    Notre secteur n'a rien vu de remarquable.

     

     

    07*1915 Février - Einvile,  Parroy20 février samedi. Parroy brûle ; la canonnade, bombardement continue sur ce village qui a reçu 280 (?) obus en 24h.

    Plusieurs avions, dont 1 français qui est, lui aussi canardé par les nôtres (Biplan Caudron).

    Soir - brume, canon, pluie, canon quand même.

    Je reçois un paquet de cigares et cigarettes de Mr Chabert.

    Soir : alerte à 9h1/2 ; bruits d'attaque générale allemande-

     

    21 dimanche. Pluie, canon quand même; bourrasques puis temps clair, tous les gros canons s'en mêlent surtout ceux de Valhey (115)

    Le soir, avis de la relève pour demain

    Reçu paquet de Girard: papier à lettres, crayons etc. Lettre de Marie, du 1er février, de Max Pompée et d'Ernest.

    J'écris au Colonel Terris pour <l'aff> Joris.

     

    22 lundi. Je pars de Bauzemont avec la 24 Cie de Fleury qui était à Parroy. Je félicite le capitaine de ramener tout son monde.

    Du reste, le bataillon n'a pas perdu un seul homme, ni dans les attaques de nuit, ni pas le bombardement.

    Beau temps clair. Arrivée à Einville vers 8h; chambres des officiers. La Cie arrive un quart d'heure après moi. Tout va bien. Journée calme - bon lit- bon sommeil. Reçu lettres de Chabert, de William, de Suzanne, ainsi que lampe électrique et le Pays de France.

     

    23 Mardi. Rassemblement de la Cie à 7h50 ; le Capitaine part à Lunéville avec le Ct Girardin. Lugrin est le chef de popote. Temps gris, un peu de neige fondue. Rien à signaler. Les Russes auraient perdu 50.000 h dans la retraite de Prusse-Orientale.

     

    24 mercredi. Rien. Lettre de Wola Nicolaïef de Moscou; 1 paquet de M. Girard contenant un imperméable. Donné au cycliste mitrailleur qui m'avait prêté sa bicyclette.

     

    25 jeudi. Rien. 2 journaux de Varsovie envoyées par Marie - lettre de Philomène. 2 prisonniers faits à Parroy dans attaque.

     

    26 Vendredi. 9h du soir - Alerte dans les cantonnements - Attaque allemande sur tout notre secteur, le canon tonne.

    Nos 155 de Valhey tonnent toute la nuit; fusillade violente vers Parroy. À 12h, on envoie dire que les hommes peuvent se coucher, je m'endors à 2h 1/4.

     

    27 samedi. Réveil à 6h ; tout le monde sous les armes. On va au travail; les Allds ont attaqués vers la Neuville puis Parroy.

     

    28 dimanche. Repos, le soir la 18e et la 22e vont occuper Raville et Crion. Je vais les attendre au retour. Bures brûle. On a amené, l'après-midi un prisonnier boche.

     

    FIN DU CARNET N°1

    07*1915 Février - Einvile,  Parroy

     Lettre du 22 février 1915 , recopié à la fin du carnet n°2 :

    "Souvenir d'une petite amie qui regrette beaucoup de n'avoir, du soldat que l’Âme. À Monsieur Duchêne.
    La Patrie appela, pour sa juste défense,
    Ses fils emplis d'ardeurs et tout vibrants d'espoirs ;
    Ils sont partis, joyeux, ne pensant qu'à la France.
    Nous, nous songeons à eux, dans la lenteur des soirs.
    Tandis qu'à l'ennemi, sous le vent de mitraille,
    Ils affrontent la mort et volent au combat,  
    au foyer où n'arrive aucun bruit de bataille
    Nous luttons cependant, notre cœur se débat;
    Car afin de garder notre noble espérance
    Nous devons étouffer et regrets et douleurs.
    Notre devoir, à nous,est d'essuyer nos pleurs
    et de n'avoir qu'un cri : « Amis ! Vive la France ! »
       Germaine Droulin
                                                               22 février 1915

    06*1915 Février - Einville,  Parroy

    Qui est donc  Germaine, qui se décrit comme "petite amie" ? une marraine de guerre ? une admiratrice ? une cantinière ou infirmière ?

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