• 07* 1915 Avril - La digue de Parroy

     1er avril 1915. Enfin malgré la gelée de cette nuit, il fait enfin beau, le soleil assez chaud.

    Bombardement, pendant lequel je copie le rapport du Capitaine  Fleury sur l'attaque.08* 1915 Avril

    Je monte 2 fois à la G.G.2 de ma Cie.   

    10 kilomètres.

    Nous mangeons avec Roux, Louison et les conducteurs.

     

    2 avril. Le 105 allnd tire sur le bois Legrand.

    1 blessé à la 24. notre 155 du Haut de la Faîte tire sur la gendarmerie de Xures où l'on sait qu'il y a un dépôt de munitions. Plate-forme trop étroite, la pièce culbute. Échelle de pompier comme observatoire.

    À gauche de la route, tentes, baraques de bohémiens; ce sont les caporaux d'ordinaire avec leurs tonneaux et leurs caisses. Je monte 3 fois à ma GG2 (15km) la troisième fois à 9h du soir; je recopie un ordre concernant une embuscade des chasseurs et je redescendant vers 11h. Beau temps froid

                                             ( Photo :Tirailleurs 230 ème RI 1915 - Photographe inconnu - Photo prêtée par Sébastien Bachamois )

     

    3 avril, samedi saint. Nous sommes relevés des avant-postes par le 5è bataillon; il pleut. Je pars en voiture avec fourgon, vers 8 heures. Le Capt est passé vers 7h1/2 pour aller préparer le cantonnement à Maixe. Passage aux 5 Tranchées ; je vois un fusil pris aux Allds avec dispositif pour viseur à lunette.                                                   

    Arrivée à Crion; pluie; Je recommande notre sac au vaguemestre, je mange un morceau avec notre 2è peloton : omelette, salade, fromage; je paie des cigares.

    Vers 1h on rentre pour Raville, Einville, Maixe. En voiture jusqu'à Raville; le cycliste m'ayant remis l'état et le plan du cantonnement, je vais le communiquer aux 21è et 24è Cies qui sont devant nous, en prenant un raccourci, je tombe dans le ruisseau entre Einville et Raville.

    Arrivée à Maixe; Installation à la mairie. Le canon tonne vers Toul. Il pleut un peu. Je reçois 6 lettres.

     

     

    4 avril, Pâques. Maixe. Il pleut.

    On dit la messe dans la grange à côté de la Mairie; 08* 1915 Avril sermon par un caporal-capucin.

    Toute la journée des ordres à communiquer, des états à fournir jusqu'à 9h du soir.

     

    5 avril, lundi de Pâques. Temps assez froid et pluvieux.

    Beaucoup d'hommes ivres; scènes de «bordel» à la popote avec les filles du n°8 - Petite Maixe.

     

    Le vaguemestre s'est trompé de sacs et nous n'avons pas de courriers;

    pas de journaux non plus. Justement il y a eu un incident grave à la frontière entre Bulgares et Serbes...

    Je fais ma demande pour être interprète, sur le conseil de Milan * [ *Joseph Duchêne parle russe et polonais - Milan sénateur de la Haute-Savoie]

     

    6 Avril - Mardi. Un peu de soleil. Vaccination anti-typhique. Lettre de Chabut et de Callet. Paquet de Girard; «Lectures pour tous» de William; Industriel de Hérisson. J'écris un peu.

     

    7 Avril. Temps gris, un peu de pluie. 1 paquet de cigares de Chabut. Pas de lettres. Ma demande est signée par le Capitaine.

    300 hommes vont travailler à faire des tranchées. 2 Cies au bain - vaccination - Dans la soirée, terrible canonnade vers Verdun.

     

    8 Avril Jeudi. Temps gris, éclaircie, soleil.

    Ma demande est signée par le Commandant et le Cycliste Quétand l'emporte à Crion. Averses de grêle, éclaircies.

    Terrible canonnade sur Verdun. Le Cap. Roubertie que je vais chercher au Moulin de Petite Maixe pour interroger un prisonnier de la 20è (histoire avec le sergent <Gallier>) me dit qu'à Lunéville, on raconte que Saint-Mihiel brûle, incendiée par les Allds qui se retirent et que 3 corps d'armée de renfort sont en train de couper la pointe. On dirait entendre 4 ou 5 mitrailleurs tirant à la fois des obus de 109.

    Reçu une lettre de Marie et des enfants, écrite le 19 mars, jour de ma fête = Envoyé procuration (8/4)

     

    9 Avril. Soleil, pluie, averses, grêle. Reçu une lettre de Mme Grigorieff, vœux de Pâques. Écrit à Milan, en lui envoyant une copie de ma demande.

    La nuit, bombardement lent; on voit des lueurs dans le ciel sombre et on entend d'énormes coups sourds, 4 par minute environ. Vers Serres. Ce doit être nous qui tirons.

    10 Avril Samedi. Reçu une lettre d'Alik.

    Au matin, on entend encore le canon. Il pleut de temps en temps.

    Nous avons appris plus tard qu'une demi-Compagnie du 257 avait été surprise à Bezange-la-Grande .

    Ordre de partir vers 11h (peloton de relève 23è) et à 2h pour la colonne. Averses.

     

     

    08* 1915 Avril11 avril Dimanche. Départ à 2h du matin, nuit sombre, la pluie a presque cessé. Pause avant Einville, 2è avant Bauzemont.

    Les fourriers partent en avant reconnaître des cantonnements du 229. Ma Cie reste à l'entrée du village, où nous étions la première fois.

    Elle assure le service à la Digue de l'Étang de Parroy .

    1 peloton reste le jour à Bauzemont et part le soir coucher à l'auberge du Pont d'Hénaménil. La liaison est toujours au château.

    Depuis le bombardement, on a installé l'infirmerie et le téléphone dans les caves et le sous-sols du Château.

    Un clairon se tient toute la journée, perché sur une échelle sortant du toit du château.

    (Photo :Fonds des Albums Valois - Département de la Meurthe-et-Moselle - Digue Etang de Parroy 1916)

    Le téléphone de l'artillerie lourde s'est transporté de la cure (bombardée) dans des abris souterrains au-dessus du village, près de l'antenne du télégraphe sans fil établi pour communiquer avec les avions.

    J'ai tellement froid aux pieds que je mets mes chaussons et d'énormes galoches trouvées au bureau, que j'échange, au bureau de ma compagnie, contre des snow-boots.

    Le dimanche s'écoule péniblement. La nuit les Boches tirent.

     

    12/4 lundi. Temps froid. Lettres de Marie et d'Alik.
    Ma demande pour être interprète est revenue, arrêtée par le Général de Division. J'écris à Milan, en lui envoyant la demande elle-même .
    La nuit, tir des Boches.

     

    13/4 mardi. Beau temps. Un avion qui a passé sur nous a été abattu à coups de mitrailleuse par un avion français de Lunéville, près de Marainviller.

    Le soir, le commandant nous envoie prévenir dans le village qu'un bombardement est possible pour cette nuit, parce que notre artillerie lourde doit tirer sur tout le front (pièces avancées dans la forêt).

    Rien ne se produit. Silence.

    Nous n'avons pas aujourd'hui les 2 ou 4 dizaines de grosses marmites que les Allemands envoient chaque nuit sur la forêt (Cinq Tranchées) et qui ébranlent le Château et tout le pays aux environs (plusieurs victimes et des chevaux).

     

    14/4 mercredi. Beau temps. Nos 120 et les 155 longs tirent. Les Allds envoient quelques 77 vers 283 et la Fourasse, comme tous les jours.

    Reçu lettre de Mme Dauphy, St Nicolas- et L'Industriel - Avions.

    15/4 Jeudi. Beau temps clair - avions - Nous tirons. 

    Boichot (affaire avec Jourdil) au conseil de guerre reçoit 10 ans de travaux publics. Trivers de la 20è (a frappé le Sergent Gallier) 10 ans aussi.

    Reçu carte de Cibaud, se plaignant de ne pas avoir de mes nouvelles (je lui ai écrit 2 fois).

    Ma Cie a maintenant une cuisinière roulante à 4 marmites.

    L'Italie semble faire ses derniers préparatifs.

     

    16/4 Vendredi. Beau temps chaud .

    Toute la journée des avions allemands et quelques français.

    L'après-midi, le Gal de Don monte en auto pour assister à un réglage de tir des 120 et autres batteries lourdes par nos avions munis de TSF .

    Les avions sont en retard; on les voit voler sur Lunéville et s'y reposer.

    Deux allemands passent, dont l'un d'eux nous envoie 4 bombes. Plus tard encore, 1 français revient des lignes allemandes à la tombée de la nuit. Les 77 tirent beaucoup.

    Lettre de Mme Rendler, demandant de lui envoyer les lettres de son mari... Je lui réponds qu'il est resté entre les mains de l'ennemi !

    Avec tout ce qu'il avait sur lui.

     

    08* 1915 Avril

     

     

    17/4 - 1h1/2, matin. Alerte .

     

    Les Allemands sont aux fils de fer de la digue de Parroy où est ma Cie; nos mitrailleuses tirent toutes les 2, les fusils aussi.

    Je vais réveiller le bureau de ma Cie (Dumont et Lathuile) pour faire charger les bagages.

    De retour au château, le tir de nos batteries sur Parroy commence.

    Le CT m'envoie au téléphone d'artillerie (abris souterrains à 200m en arrière du village) pour faire raccourcir le tir de 200m pour les batteries de 120 et 95.

    Je vais ensuite au téléphone dans la cour du château demander des nouvelles de la Digue; l'attaque semble calmée.

    Puis je monte à l'observatoire, derrière les 120, qui envoient leurs bordées de 3 coups. Les 95 crachent plus sec.

    Les 155 de Valhey tirent sur la gauche, où il se passe aussi quelque chose vers Arracourt. Vers Emberménil, on tire également.

    L'artillerie allemande ne dit rien. Ma Cie a tiré 3500 cartouches. Les mitrailleurs plus de 50 bandes de 25=1250.

    Dans la journée, avions - Notre artillerie tire beaucoup. Vers le soir, tir rapide de nos 12 sur des rassemblements vers Bures.

    Je fais charger sur ma voiture 15 réseaux Brun, 2 rouleaux de fil lisse, 4 masses, 100 crochets, 20 fusées éclairantes (le projecteur du 223 n'arrive qu'à 9h). Vers 7h1/2 je fais monter 5000 cartouches sur un mulet de mitrailleuses à la maison brûlée.

    A 9h moins dix, un projecteur arrive. Je fais venir deux mulets des mitrailleurs. 08* 1915 Avril

    Je remonte au château, la canonnade commence sur Parroy, de 3 points différents. Fusées lumineuses. En même temps on tire sur la forêt sur Emberménil et sur Bures-Arracourt.

    Nos batteries entrent en action: les 120 et 95 d'abord; puis plus tard, les 95 et 75 de la ferme Bonneval, les 155 courts de la forêt.

    C'est un concert effrayant, tout le ciel est illuminé par les départs et les éclatements. Les nôtres lancent des fusées éclairantes.

    Je retiens les mulets du projecteur et les renvoie à la mitrailleuse qui va prendre ses emplacements de combat, à l'entrée du village.

    L'éclatement des 105 allds est positivement impressionnant; ils les accompagnent de 77, tirés simultanément. Concert et illumination très réussis.

    Je pense à ma pauvre compagnie écrasée sous l'avalanche. Au téléphone, on me dit qu'il n'y a rien de cassé; les hommes ne sont pas dans les abris, mais occupent les tranchées et ne cessent de tirer - Accalmie - Nous nous couchons. Je lis. 

    Vers 11h 1/2 j'entends la fusillade et la mitrailleuse. Je sors derrière le château; les canons allemands tirent en arrière de la digue, barrant les routes de Bures et de la Maison Brûlée en avant du pont d'Hénaménil…

    Nos batteries reprennent leur tir à toute vitesse; les 120 tirent 3 et 4 coups à la fois. Les 95, les 75 tirent par rafales. Quelques obus de 77 allnds arrivent jusqu'à 2h du matin ;

    mais ayant eu l'imprudence de m'allonger sur mon sommier, je m'endors tout habillé d'un sommeil de plomb. Comme on dort pendant la canonnade.

    Le Cap R. s'est trouvé pris à la digue, ne pouvant regagner la maison brûlée. Il s'est tenu au téléphone.

     

    08* 1915 Avril

    08* 1915 Avril

    18 avril Dimanche. Au matin, tous les bosquets du parc chantent joyeusement; matin radieux et frais. Je descends déjeuner.

    Les camarades du 1er peloton sont là (sauf Lugrin, Jourdil, Thomas de la 1e section) ainsi que Ducret et les sergents de sa 3è section.

    Tous sont contents et joyeux. Je suis tout ému de les revoir.

    À dîner, nous mangeons une énorme anguille, rapportée par Dumont, pêchée dans le canal. Je paye des demi-londrès à tous.

    Le soir par la voiture, je fais monter le projecteur (3 caisses) et 40 grenades; 20 réseau de Brun et 100 crochets pour les fixer. 8 fusées éclairantes - des pelles et des pioches. Une section de la 22 Cie va travailler à la digue - Nuit calme - les fourriers du 5è bataillon arrivent le soir et vont coucher dans une cave.

     

    19/4 Lundi. À 4h du matin, je conduis le fourrier de la 18è Cie reconnaître le cantonnement. Le cap. Roubertie est au bureau. Le bataillon Imbert arrive. Nous partons vers 7h. Temps radieux. Arrivée à Einville vers 8h. J'ai eu le temps de prendre du café au lait à Bauzemont. Vers 8h 1/2 à Einville, une bonne côtelette. On s'installe. Nous ne sommes plus chez Hayem le juif marchand de grains (chez qui est l'artillerie) mais en face chez un autre juif (Samuel) parti bravement lui aussi.

    La brigade est au château, à côté de nous. Le Colonel et son bureau un peu plus loin. Aujourd'hui ou demain, la Division passe de Dombasle à Lunéville et le Q.G. d'armée (D.A.L.1) de St Nicolas à Dombasle. Toute la journée, des notes à copier.

    Le soir je paye le vin blanc à la popote.

    L'Italie à l'air de marcher.

    1Détachement d'armée de Lorraine

     

    20 avril, mardi. Temps délicieux ; Les 75 sont rentrés couverts de poussière, au lieu de boue. En passant devant le poste pour aller déjeuner, je vois que «Garros est descendu dans les lignes allemandes en Belgique, le 18 au soir». Ma compagnie après avoir reconnu ses tranchées, va passer la journée à la campagne. Soupe. Je reste seul à Einville avec Dumont, Muffat et Vittet.

    Le Ct Girardin, va à Dombasle se faire décorer par Joffre, ainsi qu’Humbert, Gal et le D.A.L. et Challe notre brigadier. (Commandant Officier)

     

    21 avril mercredi. Einville - Temps chaud - Les avions allemands ne viennent plus guère sur Einville depuis que nous avons 15 avions à Lunéville. Cependant, ils viennent parfois lancer des bombes sur le ravitaillement, au bateau.

    L'après-midi, un Morane-Saulnier rapide vient se montrer aux troupes, pour qu'elles ne tirent pas dessus aux A.P.

     

    22 avril jeudi [1915]. Je commence mes 40 ans ! [ en fait il fête ses 39 ans et commence sa  40 ème année il est né le 22/04/1876]

    Rien de particulier. Avions français ! Enfin, on en voit. L'Italie se prépare. Vin blanc, cigares à la popote. Beignets - Bières et cigares à la liaison.

     

    23 avril. Pluie. Carte n°33 de Marie qui se demande pourquoi je n'ai pas encore répondu à sa demande de venir en France.

    Le Mal des Logis Raffin (neveu du représentant de Lumière et Jougla à Varsovie) vient comme secrétaire de la Place à notre bureau. Il parle un peu le russe, ayant habité Varsovie et 1an et demi Petrograd.

     

    24 avril samedi. Pluie, assez froid. Lettre de Pompée; Lettre de Girard. Lettre de Milan: demande au ministre. L'Italie - Les obus.

     

    25 dimanche . Beau temps - reçu 6 lettres ; 2 de Massingy, une de Mme Astafieff , une lettre d'Alik et Grd-mère et 2 de Marie (les n° 35 et 37). Conversation avec Capitaine (officier)

    Vers 4h, bombardement de Bauzemont: 16 obus, 3 morts et 6 blessés. Nous assistons au bombardement

     

    26/4 Lundi. Temps superbe. Lettre de Georges en français!

    Lettre de Mme Bouvier, des Échelles; une autre de Mme Bouvier, docteur. Le courrier arrive à 10h1/2.

    À 5h je dois monter à Bauzemont, faire le cantonnement. Dans les caves, j'écris à Milan 1 réponse et 1 carte pour signaler une lacune du décret du 24 avril pour les Croix de guerre: les nominations sur le champ de bataille.

    À bicyclette avec Paul Tapponier le long du canal, vent contraire. Les mitrailleurs creusent des abris au bord du canal, en arrière du village. Nous voyons les ruines faites par le bombardement: Maison Henry-Vigneron, Dardenne (Maire) cheval tué.

    Nous remontons vers le village; les fourriers du 5è bataillon placent des pancartes indiquant les caves voûtées et leur contenance en hommes; on y met de la paille. 2 obus ont presque touché le clocher. En résumé les 16 obus ont tous porté dans un rayon de 30 mètres autour du clocher. Au château, le Commt Imbert nous indique la répartition du cantonnement; je reconnais mes 16 caves en bas du village.

    Devant l'ancien poste de police, un jeune garçon me conduit voir les caves; un avion alld survole le village. Les Allds tirent; un vol de pigeons; le gamin, bombardé hier croit à l'arrivée d'un obus de 210 et fait un geste pour se jeter à terre! Pauvre gamin! Dans la chambre, 3 enfants plus jeunes autour d'une table devant la fenêtre.

    Hier, à cette heure devant la fenêtre voisine, un obus tombait et enlevait la muraille et le toit!

    Je laisse l'enfant et continue ma tournée, seul.

    Je redescends seul à bicyclette, de Bauzemont à Einville; Bouchet, Véron et Tapponier sont rentrés avant. Dans la nuit l'artillerie tire. Je fais un plan pour le capitaine.

     

    27/4 mardi. Lever à 3h. Les Cies de relève sont parties à 10h 1/2, 11h 1/2, 12h 1/2. Nous partons à 4 h. temps radieux, le soleil se lève à 4h 1/2. La Cie s'arrête en avant du village et nous allons avec le Capitaine faire la répartition des escouades par cave. Déjeuner à notre ancienne popote avec l'Adjudant. Une vielle rentière sans enfants, veuve est là qui gémit d'être obligée de partir... La patronne de notre maison lui donne de bons conseils. Temps clair; avions; nos 120 tirent par salves; les 95 insistent.

    Le sans-fil nous apprend le débarquement des alliés aux Dardanelles et la prise par les Allemands du Hartmann's Weilekopf1 . Obus asphyxiants au N. d'Ypres. Dans la nuit, canonnade autour de nous; les Allds tirent peu. Lettres de Georges en russe, de Drounine2 et du Sénateur Empereur.

     

    28/4 Le matin, de bonne heure, notre artillerie tire. Temps radieux. Nos avions se montrent et essayent de prendre en chasse les allds qui tournent à droite vers Dombasle.

    On forme une nouvelle section de Mitrailleurs de Brigade. Tapponier est désigné comme comptable. Favier, Thomas.

    Nous avons repris l'Hartmann's Willerkopf.

    Le soir, clair de lune magnifique. Bonneval tire avec entrain sur... Moncourt avec du 120 et du 95. Des bruits circulent; nous irions plus à droite et le 20è corps viendrait...

     

    29/4 Jeudi. 1 carte d'Ernest. 1 lettre de <Suraun ...>. Temps splendide. Avions sur avions, surtout français – 1 avion alld lance des bombes sur le ravitaillement à Einville. Un des nôtres survole tous les avant-postes, va vers Metz et revient par le Bois le Prêtre. Le soir, un Caudron avec télégraphe sans fil, vient régler nos batteries; cinq fois, il avance vers les lignes ennemies; nos 120 tirent par salves de 4 coups vers Moncourt, derrière la cote 300. Les obus et les mitrailleuses allemandes tirent sur l'avion, vers 5h1/2. Vers 6h1/4, encore un avion français en avant.

    On annonce que nous partons demain dans la nuit vers la droite; le 333 nous remplace. Avant d'appuyer à droite (forêt de Parroy) nous irons 4 ou 5 jours au repos à Maixe.

    Le soir, 3 coups vers Bonneval; puis calme.

     

    30/4, vendredi. Journée calme. Avions le matin, cependant les 115 longs nouvellement installés à Bonneval tirent rapidement pendant qu'un avion français signale. Vers 5h avion alld sont brusquement des nuages d'avion français le chasse un moment et rentre. Les fourriers du 333 arrivent. Lettre de William avec 50 frs (de Russie) carte en retard de Marie du 2/4 et 2 numéros de la "Varshavskaia Mysl".3

     

    1 Alsace

    2 en Russe dans le manuscrit

    3 en russe dans le manuscrit « la Pensée de Varsovie » une publication locale 

     

    09*1915-Juin : Environ de Luneville: Jolivet, Paroy, Vého, Leintrey

       
    07* 1915 Avril - La digue de Parroy

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