• 1918 - les différents parcours des soldats issus des brigades russes.

    Joseph Duchêne n'a pas continué de rédiger de journal après l'été 1917, ou bien s'il l'a fait ses carnets ne nous sont pas parvenus.

    Cependant cette destinée de corps expéditionnaire  nous a tellement intéressé, comme elle intéresse cent ans après de plus en plus d’historiens et de descendants de ces soldats russes qui se sont installés en France et on fondé une famille, qu'il n’était pas possible de laisser ce blog s’arrêter à la fin du journal de Joseph en juillet 1917.

    A partir de différentes lectures sur le sujet, d'ouvrages rédigés par des historiens, de recherches personnelles  dans les archives, de partage avec les descendants des soldats russes, de la participation a différents colloque, de la vue de différents documentaires, nous allons essayer de retracer ces différents parcours.

    Ce travail n'a pas vocation à se mettre sur le plan de la recherche historique, mais de rendre compte de ce que nous avons appris sur cette période et ces hommes.

    La mutinerie de la Courtine (Eté 1917) accentua définitivement la fracture entre les officiers et des soldats toujours fidèles au tsar déchu et la plus grande partie des soldats qui eux souhaitaient arrêter de combattre et rejoindre la Russie, où la Révolution d'Octobre promettait une nouvelle vie plus égalitaire. Les soldats russes en France souhaitaient pour la plupart repartir dans leur Pays, soit par réelles convictions politiques soit tout au moins pour voir et participer à ce qu'il s'y créait, retrouver leur famille et pour ceux d'origine paysanne pouvoir profiter du partage des terres .

    L'état français ne leur proposa pas ce choix. Les plus virulents des mutins de la Courtine furent emprisonnés ( Ile d'Aix...) envoyés dans des camps disciplinaires en Algérie ...

    On proposa aux autres de continuer à se battre en France avec les troupes françaises , et que l'on appellera La Légion russe pour honneur, ou d'être intégrés dans des compagnies non combattantes, des compagnies de Travail dans différentes régions françaises. Cette dernière solution fut celle pour laquelle optèrent ces russes.

    On estime à 16000 le nombre de russes sur le territoire français en fin 1917, début 1918 en provenance des 4 brigades en incluant celles qui avaient combattus en Orient, à Salonique...

    Pour administrer et gérer à la fois les compagnies de travail et ceux qui intégrèrent l'armée française, on regroupa un certains nombre de service à Laval en Mayenne "la base russe de Laval" . Du personnel français y fut détaché dont Joseph DUCHENE qui occupa un poste d’interprète. En l'absence d'écrits personnels, nous ne connaissons pas exactement les missions qui lui étaient assignées. A partir de différents documents trouvés aux archives et de textes d'autres interprètes nous essaieront de cerner les taches qu'il effectuait. Un point est quasiment certain, c'est qu'il n' a pas rejoint en 1918 de troupes combattantes ni française, ni donc cette "légion russe pour l"honneur" puisque sa fiche militaire ne le situe pas "au font "pendant cette période. Par contre nous avons sa trace à la base russe de Laval et savons qu'en 1919 alors que la guerre est finie en France, mais que la guerre civile fait rage en Russie soviétique  et que les gouvernement occidentaux soutiennent plus ou moins ouvertement les généraux russes blancs, Joseph participera à des missions diplomatiques en Russie du Sud.  Il ira également en Pologne avec la mission du général Niessel pour prépare la conférence de la Paix, plus spécifiquement sur la reconnaissance de la Pologne.

    Pour 1918 /2018 , nous essaierons donc de faire une synthèse sur "La base russe de Laval" , sur "la Légion russe pour l'Honneur" et sur "les compagnies de travailleurs".