• Mercredi 21. Matin aux tranchées.

    Comme je suis de jour, je reste au cantonnement. Pendant le repas (à la cure, où j’ai réparé la pendule) on nous annonce que tout le monde va partir à midi et demi.Nous nous préparons. À une heure tout le bataillon part pour Bethelémont.

    La 5e (1er peloton) va occuper un promontoire qui s’avance sur Bures. C’est la cote 322.

    02* 1914: Octobre du 11 au 24 , Arrivée au 230 ème RI en Meurthe et MoselleLe Lieutenant Geps[3] envoie une patrouille en avant, forte d’une escouade. Les 2e et 3e escouades en tirailleurs derrière. La 4e en réserve; la 2e section avec le capitaine sur notre droite. Nous occupons la crête sans rencontrer personne. Nous voyons les tranchées françaises, vieilles de deux mois et les tranchées allemandes, où restent des culots de cartouches des chargeurs. Trous d'obus allemands. Je parcours les petits postes et la ligne de sentinelles avec le lieutenant Geps [Gebs]. À la lorgnette, nous voyons, à gauche de Bures, deux sentinelles allemandes et un petit poste qui se replie vers Bures. À droite du village sous un pommier une sentinelle. Le sergent Lugrin organise un abri.

    On nous apporte de la soupe froide, du macaroni au fromage froid, de la viande rôtie et du café froid. Repas aux étoiles; on voit une belle comète. Jupiter éclaire; les étoiles brillent d'un bel éclat.

    Le canon tonne vers St-Dié et vers Nancy; il tonne aussi à 10 ou 15 Km. Dans la direction de Nancy jusqu'à la nuit. Dans le lointain on tire toute la nuit.

    Chez nous, le calme. Un coup de feu, puis plus rien. Vers 3h, nouveau coup de feu puis plus rien <(sur des poulains)>.

    Je dors paisiblement; un peu froid aux pieds. Un brouillard nous couvre d'eau. Les fusils rouillés, mouillés.

    Le brouillard nous permet de travailler aux tranchées. Je me réchauffe en maniant la pelle. On apporte le café au lait.

    Jeudi 22 octobre. Le brouillard se lève vers 9 heures. Nous nous immobilisons dans les tranchées. Le soleil vient nous réchauffer. On apporte le déjeuner. Bon repas de chasseur, café, cigare. Je me couche sur la paille dans l'abri et lis un roman-feuilleton. Immobilité jusqu'à trois heures.

    Je sors de la tranchée et je vois arriver en arrière une patrouille de cavalerie. Le maréchal des logis me dit qu'il va se poster vers la ferme qui est à côté de Bures et me demande de faire un feu s'il est attaqué. Ils descendent à droite, s'avancent.

    Au loin, une patrouille allemande s'avance, à un coup de revolver du margis[4], les cavaliers rebroussent et une patrouille de notre 1er bataillon s'avance, puis tout rentre. Rien jusqu'au soir.

    On nous relève vers le soir. Nous rentrons manger la soupe à Bethelémont. Aussitôt, coucher dans la paille, au-dessus de notre popote. Nous avons des matelas, oreillers pris à la ferme de la Fourasse.

    On annonce une victoire Russe sur la Vistule.

    Vendredi 23 octobre. Repos, nettoyage. Le 2e peloton monte aux avant-postes. Le capitaine Roubertie vérifie l’ordinaire. Travail aux tranchées.

    Samedi . Tranchées.

    Dimanche 25 octobre -Reçu lettre de Marie[5], du 23 septembre. Matin Tranchées.

    [3]     Geps = Jules Laurent Georges Gebs  Lieutenant           /

     [4]    Margis : maréchal des logis

    [5]   Marie Makarov sa femme et ses fils Georges et André sont à Kielce en Pologne (Russie)

     

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    03*1914: Octobre du 25 au 30- Bures cote 32203*1914: Octobre du 25 au 30- Bures cote 322

     

     

     

     

    Dimanche 25 octobre 1914 - Reçu lettre de Marie,du 23 septembre. (Marie Makarov sa femme et ses fils sont restés en Pologne )

    Matin: Tranchées.

    Soir: Nous montons (le 1er peloton) aux avant-postes à la «Corne du Bois» en arrière de la cote 322, avec vue et postes sur Arracourt à gauche, Juvrecourt, Réchicourt et Dieuze. La grand'garde est installée dans les baraques en branchages, près du poste téléphonique où couche l'officier du peloton (Lieutenant Geps). Je suis de piquet avec une escouade, la 2e, du caporal Châtelet (Ingénieur au Havre, grand voyageur au Mexique, en Silésie, en Franconie.)

    03*1914: Octobre du 25 au 30- Bures cote 322Je fais une ronde; il fait tiède, les nuages courent sur la lune dans les futaies. Je mets mon passe-montagne, mon jersey et ma ceinture de flanelle et je me couche sur la paille dans un abri. Tout à coup je vois une lampe électrique à 20 pas devant moi;

    Je crie "- C'est vous mon Lieutenant? Qu'y a-t-il?"

    "-Oui c'est moi répond une voix; Où est le Lieutenant Geps?»

    C'est le capitaine! Derrière lui, toute la compagnie, qui vient prendre les avant-postes. On les fait coucher sur deux rangs, sous la pluie qui continue de tomber. Tout le bataillon est là!

    L'artillerie arrive, on entend le battement des essieux ; On m'envoie faire une patrouille avec deux hommes aux avant-postes de la 2e section. Je ne connais pas les lieux ni l'emplacement des postes. Je mets 20 minutes pour arriver à Lugrin (Sergent) qui me conduit jusqu'au col; je rentre à la grand'garde et j'essaie d'arriver au poste de Desaix (sergent) vers Arracourt. Je m'enfonce dans la boue, je me perds dans le bois, mais ne peux arriver. Je rentre. La pluie commence. Le 2e peloton est toujours couché sur deux rangs dans le bois; ronflements.

    Je me couche. La ronde de 2 h du matin sous la pluie est faite par le sergent Pillet.

    À 4 h, je vais réveiller les officiers. Il fait si noir que je ne peux trouver la cabane. Je fais prendre un tison et je me trouve adossé à la cabane. «Dormir jusqu'au jour ! »

    Je vois bientôt arriver des régiments en colonne par 4, précédés d'éclaireurs - de la cavalerie et le peloton cycliste.La division va faire une reconnaissance vers la forêt de Parroy à droite et vers Réchicourt de l'autre.

    Nos 75 commencent à arroser le terrain (une batterie) puis les patrouilles, les lignes de tirailleurs avancent; devant moi, le 36e colonial, les 299 et 223e avancent. Nos canons se taisent; les 77 Allemands commencent le feu sur nos lignes; vers Arracourt, à 4 ou 500 mètres de nos tranchées. Aussitôt repérés par nos batteries, ils se taisent et ne prennent plus part à l'action.

    Bientôt le feu des fusils commence, augmente, notre mitrailleuse aussi s'en mêle; les 75 arrosent les tranchées ennemies, l’entrée des villages, les pentes boisées.

    Je déjeune de soupe et d'un excellent bifteck, pendant que les maisons sautent et s'enflamment. Au loin, de la droite, une batterie des nôtres s'est avancée et dévaste la plaine.

    Le soir, on annonce qu'il y a 350 prisonniers allemands. Ils produisent l'impression, ces prisonniers, d'être heureux de ce qui leur arrive.

    On dit qu'une Cie s'est rendu après avoir fusillé son capitaine.

    En rentrant le soir au cantonnement nous voyons, les fusils et équipements des prisonniers.

    Les nouvelles de Russie sont bonnes.

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    Extrait du Journal de Marches et Opérations

    03*1914: Octobre du 25 au 30- Bures cote 322

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    03*1914: Octobre du 25 au 30- Bures cote 322

    Mardi 27 octobre. 8 h aux tranchées. Nous allons faire un abri pouvant résister aux obus percutants. Tranchée, madriers de chêne, etc. … Bonnes nouvelles du front russe.

    Mercredi 28. Tranchée, abri- Pluie toute la nuit.

     

     

     


    03*1914: Octobre du 25 au 30- Bures cote 322Jeudi 29 octobre. Matin, tranchées – Soir, pluie.

    Mon peloton monte aux avant-postes à la cote 322, devant Bures; qui parait-il est maintenant occupé par nous.

    On raconte que le 333e régiment a une équipe de patrouilleurs volontaires, apaches parisiens, qui reçoit 25 fr par prisonnier. Ils marchent sans équipement, avec cartouches dans la poche.

    Hier soir, l'un d'eux, vers le parc d'Arracourt, s'est heurté à une sentinelle allemande; celui-ci effrayé s'est enfui en hurlant.

    La pluie a cessé. Je suis envoyé en extrême pointe à la gauche de Bures, à la corne d'un autre bois qui descend vers Arracourt, avec sentinelles à l'extrême point, plus haut à droite.

     

    Je place mon petit poste dans un abri avec toit en planches recouvert de papier bitumé, mais sans parois, plancher de terre détrempée, sentinelles de nuit. On apporte du café; je vais mettre un jersey et une ceinture de flanelle à la grand'garde en passant par les autres cités troglodytes de Vuillet et Muffat. Je laisse mon sac à la grand'garde chez Jollivet et je vais avec lui à la ferme de la Fourasse en passant par la grande carrière et les baraques en paille de Desaix. À la ferme, la 4e se chauffe à un grand feu, les veinards, ils ont du feu, un toit, des planches pour s'asseoir devant la grande cheminée. Les cuisiniers qui m'ont suivi remportent chacun deux marmites d'eau, nous rentrons.

    Je passe voir le lieutenant, bien abrité avec une bâche pour porte. Je passe chez Muffat, j'entre dans son souterrain et nous causons de la guerre, de l’Allemagne, de Guillaume ; du service fait aux avant-postes par les officiers, par les sous-officiers et soldats.

    En sortant de sa tranchée, je me perds complètement, une sentinelle m'arrête. Je rentre comme je peux.

    Je me couche une heure, sur deux morceaux de planche et quelques touffes de genêts. J'ai un fort rhume de cerveau aussi je ne peux dormir. Je me relève, visite mes sentinelles et me recouche sans dormir.

    Le soir, la canonnade de nos grosses pièces a été violente sur la forêt de Besanges, voisine. Le tir semble réglé par des fusées. Vers le Nord-Est, on voit des lueurs dans le ciel. La canonnade vers Nancy (plus loin) toute la nuit sans interruption. Quelques coups de fusil. La lune se montre parfois dans la brume, puis disparaît. Vers le matin obscurité absolue.

    Vendredi 30 octobre. Lueur blafarde - puis plus à gauche, aube rouge sanglante, entourée de nuages lourds et sombres, puis tout s’efface dans le ciel tandis que tout devient visible sur terre.

    À 5h1/4, je réveille mon caporal et je l'envoie avec cinq hommes à la pointe à occuper. On apporte le café.

    Je pars en excursion vers Bures et remonte vers le poste du lieutenant. Lugrin me montre notre porteur de café au lait qui arrive de Bethelémont. Nous allons réchauffer le café dans la carrière, puis buvons un quart. Si peu! Je conduis l'homme, en avant des lignes, par le petit col, vers les sergents Vuillet et Muffat. Nous voyons un peloton de Dragons arrière en reconnaissance vers Bures.

    (J'ai écrit au crayon dans un trou d'artilleur, sur une botte de d'avoine, tantôt écrivant, tantôt observant à la jumelle, de la crête avancée de la cote 322 sur Bures – Interrompu pour aller en reconnaissance à Bures.)

    Comme nous traversons le plateau entre le col et le petit-bois où est mon poste, Pan, un obus.

    Je crois que c'est sur la cavalerie en bas. Elle avait déjà dû se replier vers Bures sous la fusillade des tranchées allemandes. Tranquillement, nous continuons. Le deuxième et troisième obus viennent éclater sur notre droite, les shrapnells grattent le sol près de nous. Au pas de gymnastique nous gagnons la tranchée du petit-bois et le 4e coup éclate au-dessus de nous, trop long pour nous atteindre.

    Cela dure 10 minutes environ. Je les passe dans le bois; pour me donner une contenance, j'allume une cigarette, appuyé contre un sapin.

    C'est fini; je rentre à mon poste.

    Mes sentinelles avancées ont eu peur et se sont repliées sur le petit poste. Avec Vuillet, nous les renvoyons en avant.

    Vers 10h, soupe, bifteck, riz chaud. Je vais faire un tour à la grand'garde, pour prendre la jumelle du lieutenant Geps.

    Je reçois trois lettres (Cibaud, Joris, Chabert) et je vais me poster pour observer à la lorgnette, lire mes lettres et écrire, à la pointe extrême sur Bures, dans un trou où la sentinelle m'apporte une botte d'avoine. On voit une tranchée, à gauche avec une section allemande (avec un uniforme sombre et non gris) qui doit travailler.

    Vers deux heures, le froid me fait partir. Je me dirige vers le col de droite; la sentinelle m'apprend que le lieutenant Geps m'a cherché pour aller en reconnaissance à Bures, il est parti. Je pars au pas de gymnastique et rejoins la patrouille de 10 hommes dans le village; en allant je vois un obus allemand non éclaté, je fais lever un lièvre roux et je trouve une blague pleine de gros tabac.

    À Bures, j'achète une demi livre de beurre pour 20 sous; les femmes nous apprennent que les allemands faits prisonniers ont bien eu 10 minutes pour se sauver et ne l'ont pas fait; que les Prussiens avaient toujours un observateur dans le clocher.

    Nous revenons en arrière; je porte mon beurre dans une cartouchière française que Lugrin a trouvée à Bures; il porte un chou. Tout à coup un obus éclate, sur la droite. La canonnade commence. Nous continuons à avancer vers St Pancrace et La Fourasse.

    Arrêt au petit poste vers les huttes de paille, en bas des carrières. Plus d'obus; nous remontons vers la grand'garde. Nous mangeons une tartine de beurre avec Lugrin. Geps et le petit sous-lieutenant Favre en font autant, sous la grande bâche verte. Je remonte mon sac.

    Bon! Voilà les obus qui recommencent. Nous rentrons dans la tranchée-abri et comme les obus vont vers la droite, nous les regardons exploser ou percuter dans le col d'Arracourt. Le petit poste du col, occupé par la 6e Cie est visé et touché plusieurs fois. Enfin, c'est fini!

    Personne ne bouge encore. La nuit vient. La relève arrive.

    Je suis chargé d'aller relever les postes sur le plateau. J'y vais, mais intérieurement, je suis persuadé que les Allemands vont nous bombarder pendant la relève. Nous nous défilons sur les pentes, nous arrivons, nous relevons... Tout se passe dans le calme.

    Je trouve mon petit poste intact, pas de blessés, mais un percutant a failli toucher le toit de l’abri et a troué la terre à 12 pas en arrière. Beaucoup d’obus ont arrosé le bois. En somme, il n'y a eu que 4 blessés à la 6e: un caporal très gravement; le sergent Duffour, arrivé avec moi, a eu la jambe traversée par une balle de shrapnell, l'artère et l'os sont intacts; les deux autres, blessures légères.

    Je ramène la 1e section vers la grand'garde et je les laisse partir pour aller rendre compte au lieutenant Pierret de la 8e et prendre mon bidon oublié. Je dois rentrer seul à Bethelémont; je retombe sur le chemin après avoir repassé une colline sur laquelle je fais lever trois lièvres dans les avoines et les blés non fauchés. Je rencontre les brancardiers qui vont chercher le deuxième blessé, le sergent.

    03*1914: Octobre du 25 au 30- Bures cote 322Comme il fait bon se retrouver au logis, pourtant si sale et si étroit de la popote !                                          

    Comme il fait bon dormir sur la paille où ont dormi les Allemands, pleine de poussière

    mais où il fait chaud et où l'on se sent à l'abri des obus.


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  • Domjevin

    Jeudi 1er juillet - Lever à 8h. Bu du lait -

    Saigner est nommé adjudant à la 23è - Notre popote fonctionne- Bon déjeuner -

    Soir 4h. Remise des récompenses place de l'Église. Je prend une photo. Pendant ce temps combat d'avion - 1 Morane pris par le boches vient sur nous, poursuivi par Morane français - mitrailleuses - Ma compagnie rassemblée reçoit ordre de tirer sur boche - On ouvre le tir ; le français revient, combat rapproché ; le français baisse derrière le village ( mitrailleuse enrayée, il dégage le champ de tir).

    La section Hugounenq reprend son tir, sans résultat.

     

    Vendredi 2 juillet - Rien de particulier - Nous recevons des jeunes de la classe 15 en renfort du 18è de marche. Ils arrivent de Tarbes, originaires de la Vendée. 19 à ma Cie. L'adjudant Seigner commande une section de la Cie, en attendant d'être sous-lieutenant à ma place ou à la 21è Cie. Nous essayons d'aller au fort, mais on ne laisse pas passer - 1 poste du 2è groupe cycliste, qui occupe les casernes en haut du village.

     

    Samedi 3 juillet - Bains à Lunéville pour tout le régiment - en tramway. Je pars avec Vittet à 9h 1/2, après avoir déjeuné d'un café au lait avec 3 œufs - Lunéville 11h . Fait le trajet avec cap. Assada - Bain rue Sifflet - Donné pellicules à développer - Déjeuner au Cheval de Bronze avec Vittet - promenade - café - achats divers, surtout tabac, cerises - Départ 3h.

    Vu mon neveu Alphonse, qui a perdu son fusil et képi dans les réseaux boches -

    Rentrée à Manonviller ordre de départ pour 7h45, tout le régiment.

    Reçu 2 cartes de Marie : l'une du 15 juin annonçant maladie grave de Maman [la mère de sa femme] ; l'autre du 16, annonçant qu'elle est sans connaissance à la veille de sa mort. J'écris 2 mots à William pour qu'il télégraphie à Marie de venir avec Alik. [les fils de Joseph et sa femme sont à Varsovie en Pologne ainsi qu'Alik le frère de Marie, William leur demi-frère ainé vit à Paris. Josefa Makarowa née Joséphine Mangin morte en juin 1915 à Varsovie était française ]

     

    Bois de l'Étang- Bois  près de Blémerey

    Dîner à 6h. Départ après 8h, vers Domjevin puis vers les bois où nous avons campé, puis descente dans l'obscurité à travers bois jusque près de Blémerey, en arrière de Reillon, dans un bois .

    Dans l’après-midi, les Allds ont tiré sur Benaménil.

    Passé la nuit dans le bois; au jour nous partons en avant au poste de Commandement (plan Jeanne d'Arc) Redormi jusqu'à 9h.

    Soupe, journée chaude sous bois. Toute la matinée, bombardement des villages voisins. Notre 155 tire sur Avricourt par rafales.

     

    Pendant le dîner, un obus allemand tiré sur notre avion vient tomber près du poste de commandant et éclate.

    Comme notre avion vole plusieurs heures jusqu'au soir au-dessus de nos positions, les batteries alldes se taisent ; on ne tire que sur l'avion français –

    Par contre notre 155 avant du P.A.10 Vého tire sur la crête à droite de Leintrey.

    Le soir descend sur le bois, coucher dans l'abri. Peu de canonnades dans la nuit.

    Reçu lettre de William qui a appris maladie de "Maman" - Pas de journaux.

     

    5 juillet lundi. Temps gris très agréable ; lever à 8h 1/2. Toilette sous le pont de Blémerey.

    Dans la journée, sous les bois temps lourd très chaud.

    Bombardement de tous les villages environnants. Nous tirons sur Deutch-Avricourt.

     

    1 seule lettre de M. Callet. Rien de particulier, journée de chaleur accablante dans notre bois Jeanne d'Arc.

     

    6 juillet. Temps lourd. Le soir orage. Reçu 3è carte de Marie annonçant que "Maman" est morte le 14 juin. J'écris de nouveau à Marie et William.

    Nominations de Ruffard, Biquet et Saigner.

    C'est aujourd'hui que je serais sous-lieutenant si j'avais accepté.

     

    Avions - violent bombardement -7 villages. Nous partons tard, vers 9h 1/2 sous les éclairs d'un orage lointain.

    Il fait noir, nous suivons les haies artificielles - traversons Reillon - pas d'obus.

    De Reillon, nous montons vers le poste de commandement - La 19è Cie relevée par la 23è est couchée au bord de la route;

    je veux chercher mon neveu mais des obus de 77 fusants viennent de balayer le carrefour où est installé le P.A.13 –

    on se couche – 5 ou 6 obus passent – on trouve le poste et on s'installe dans l'abri.

    Puis je vais reconnaître l'emplacement de ma Cie dans les anciennes tranchées allemandes à 200 m. en avant du poste de commandement-

    couché à côté de Gebs et du Commandant - Nuit calme.

     

    Reillon-Leintrey-GondrexonP.A.13 Carrefour Reillon - Leintrey, Gondrexon

     (carte - source http://www.blamont.info/zoom3.html?images/jmo/60RI-2_fevrier_1918-p122.jpg# )

    7 Juillet, mercredi. Hier pendant le violent bombardement de l'après-midi nous tirions sur Avricourt et les positions allemandes ;eux tiraient sur 7 villages, sur nos batteries et positions Vého, Reillon, Domjevin, Fréménil, Blémerey, Benaménil, Manonviller (entre les casernes et le village) beaucoup de victimes.

    La journée du 7 est calme - Les Allemands ont tiré sur Crion, derrière la forêt et près de Marainviller - Quelques obus autour de nous. Le soir, ma Cie est relevée par la 22è qui reste seule. 

    Je vais chercher l'emplacement  des mitrailleuses de <Duent>, dont Dumont est soutien avec la 2è section.

    J'y conduis la 1/2 section de la 22è qui va les remplacer. Ma Cie s'en va. La 21è a relevé la 24è à notre gauche, à 293.

    À peine ma Cie partie, après avoir mangé la soupe vers 22h, les Allemands se mettent à envoyer quelques obus fusants. - Couché dans l'abri. Pas de lettres

     

    8 juillet, jeudi. Joli temps frais, matinée calme. Je mange comme hier, un morceau de mouton froid - pas de fromage - j'ai encore un peu de chocolat - Quetand va me chercher mes lettres dans le bois de l'étang (Jeanne d'Arc) où est ma Cie. Lettre de William, renfermant mes cartes et un télégramme de Marie, de Petrograd. Lui aussi est d'avis que Marie doit venir. En même temps, lettre de Cibaud avec jolie photo-carte de sa famille.

    Le bombardement commence - des avions allemands nous survolent. Les obus tombent sur les tranchées en avant vers 293, puis sur les villages de Vého, Blémerey, puis sur les bois occupés par le 5è bataillon et ma Cie.

    Vers 1h, il  y a 2 blessés par 2 obus tirés sur une corvée de paille qui s'est montrée – Nos canons répondent – les avions allemands continuent leur ronde en paix.

     

    9 juillet. Reçu lettre de Marie racontant derniers moments de Maman [sa belle mère ] – de Georges et  Datik [ses fils , Datik surnom d' André]

    Ma Cie vient du bois Jeanne d'Arc relever de bonne heure vers 9h. Fusillade sur Rémabois, puis nos canons tirent avec rage. Fusées éclairantes, Vého brûle dans la nuit. Le 77 allemand répond mais pas sur nous. La fusillade se prolonge et le 75 tire longtemps.

    (Dans l'après-midi, avions allemands; les nôtres se montrent et s'en vont sans leur donner la chasse. Le bombardement allds a mis le feu à un dépôt de munitions vers Blémerey – Les cartouches crépitent)

     

    10 juillet – Samedi - Reillon – beau temps. Tout s'est calmé dans la nuit. Dormi de 4h à 10h. Dans l'après-midi avions allds.

    Le soir, le commandant descend avec nous s'installer à Reillon, dans un abri inachevé.

    Le capitaine Roubertie descend se faire soigner son furoncle et est évacué sur Domjevin et St Nicolas.

    Bonne couchette, au-dessus du Commandant.

    Paul Tapponier nous quitte; il est remplacé par le Père Sylvestre, caporal et capucin.

    Le soir, nous allons manger, dans l'obscurité aux cuisines roulantes, à l'entrée du village. Les permissionnaires (prisonniers) partent demain. Bien dormi dans abri.

    (Au P.A.13, Gebs, en lançant une roquette, manque de blesser les hommes et démolit 2 sacs et un fusil)

     

     10*1915-Juillet Combats Reillon-Leintrey-Gondrexon

     ( photo Joseph Duchêne - Reillon - Route camouflée par des paillis)

    11 juillet - Dimanche - A Reillon, dans l'abri derrière les maisons - Rien de particulier - Nous ne sommes pas bombardés.

    Lettre de William, il a télégraphié à Marie de venir à Paris. 

    Demain partent les 1ers permissionnaires de 8 jours –

    L'attaque d'hier a été menée du Rémabois par 1 bataillon du "60è saxon" sur les tranchées route Vého - Leintrey , prises par le 22è et 23è Cie - Attaque repoussée . Nous avons eu un mort et un blessé!

     

    Le soir, aux cuisines - Ma Cie rentre au village – Gebs, Commandant de compagnie, fait du potin... pour avoir un abri et chasse les sapeurs du leur pour s'y établir avec le Commt .

    J'ai un peu la colique. Bien dormi dans abri. Mon sac a été retrouvé à Jolivet par Lieutenant Déplante. Déthoin m'a envoyé une chemise et un caleçon et je peux me changer. Il est temps, depuis l'arrivée à Manonviller.

    Jacquemard m'a envoyé une livre de chocolat.

     

    12 juillet lundi . Temps couvert, frais, puis soleil. Lever à 10h. Je cours 2 fois aux feuilliers. Toilette complète dans un cabanon à cochons. Changé de linges, chaussettes, ciré mes souliers - Mangé viande froid, fromage, vin rouge, café chaud, eau de vie - Cigares que Quétand, vient de m'apporter de Benaménil .

    Ecrit 2 cartes et complété mon calepin - Notre artillerie tire -

     

    13 juillet. Quetand nous apporte 2 douzaines d'oeufs, dont je mange ma part, plus <6 que je lui retiens>. Justement j'avais un peu de diarrhée. Le soir Lathuille m'apporte des conserves, thon, sardines, pâté et confitures -

    Nous touchons pour demain 14 juillet - du jambon et des petits pois, 1 litre de vin, 1 cigare, de la confiture, de l'eau-de-vie –

    Je vois justement Lathuille au poste 13 (abri de carrefour) où je suis allé porter des fusées éclairantes à Gebs remonté depuis un instant relever la 22è. Lathuille m'a également donné mes 12 derniers clichés développés. Calme.

     

     

     

     

    Reillon – Ogéviller. 14 juillet -

    10*1915-Juillet Combats Reillon-Leintrey-Gondrexon – journée calme. Nous devons être relevés ce soir par le 333. Nous jouons à la bourre. Je mange seulement de la confiture et des œufs pour guérir.

    Relève sans incidents

    - Dans la soirée un tir bien réglé de 150 alld a enterré 4 hommes de la 24è au bois Zeppelin et enterré un 5è - Je file à bicyclette avec Quétand par Vého - Domjevin ; nous rencontrons des autos, voitures, trous d'obus. Tout est calme. A Domjevin, une assiette de bouillon à la cuisine roulante, un verre de vin et un quart de café excellent . Je remplis mon bidon de vin pour Vittet et moi et en route pour Ogéviller par la route puis la route nationale Paris - Strasbourg. Ogéviller est à 4 km de Benaménil, à 11 de Blâmont. Vittet et Véron nous attendent à l'entrée du village. Je vais faire une «bourre» avec Véron et ses 2 hommes et je leur «gagne» 3fr.

    15 juillet. La 24è Cie arrive à 2h 1/2 ; la 23 è à 3h 1/4 avec le Commandant – Le Capitaine est toujours malade à St Nicolas. Les 22 è et 21 è sont à Fréménil. Dormi sur nos sommiers dans maison évacuée de 5h à 10h. Soupe – Promenade dans le village entre 2 averses, pluie violente. Deux obus sur le village dont l'un n'éclate pas. Le soir, la popote fonctionne.

     

    Alerte ! Bois Zeppelin

     

    Bornand vient nous chercher. Nous nous asseyons : Alerte ! Le Ct fait demander la liaison - une auto de la Division et là - on regarde la carte - on part pour Fréménil par Buriville.

    Violente canonnade sur tout le secteur; on voit les éclatements sur toutes les crêtes – l'artillerie lourde allde semble être nombreuse.

    Arrivée à Fréménil de nuit : le téléphone nous apprend que le Bois Zeppelin est pris par les Allds et nous apporte l'ordre de partir pour le bois de l'Étang.

    Les 21è et 22 è sont déjà loin (Bersani est couché malade). On laisse les bagages et chevaux de selle à Fréménil. - En route à travers chemins boueux ; notre artillerie tire énergiquement ; les Allds envoient de gros obus sur quelques villages) Domjevin.

    Nous pataugeons effroyablement; la bicyclette s'encrasse de boue; les 2 roues se bloquent - je perds le Commandant et la liaison. Nuit noire, quelques averses  - heureusement les coups de canons et les fusées éclairantes sans nombres nous montrent les mares qui coupent les sentiers. Je reste en pane dans le bois - puis je peux filer à travers champs dans l'herbe et les blés mouillés - j'arrive au bois, tantôt portant, tantôt traînant la bicyclette que je finis par laisser dans un buisson.

    Je traverse les hommes couchés ou assis sur leurs sacs ; j'arrive au téléphone du bois Jeanne d'Arc au moment où le Commandant et la liaison viennent de partir - les obus de 150 tombent avec un fracas terrible autour de nous. Je reviens chercher Gebs pour venir au téléphone; Bientôt arrive l'ordre au 23 et 24 de partir pour Reillon, pour reprendre le bois perdu.

    Départ. Je décide de rester au téléphone, jusqu'au petit jour, d'aller chercher la bicyclette de la confier aux téléphonistes et de gagner Reillon. Je dors jusqu'à 2h 1/2.

    Les 50è chasseurs, Ct Imbert, arrivent dans le bois - Je laisse la bécane au poste et je pars. Notre artillerie seule tire - J'arrive à Reillon vers 4h ; je retrouve la liaison - On dit que le capitaine de Ladevèze est blessé - sa section du bois a beaucoup souffert; Vulliet (Victor) tué - beaucoup d'hommes ensevelis - Boccard serait blessé et Mérel tué. La 22è Cie, s/lieut. Westphal a réoccupé le bois. [8 morts, 93 blessés, 4 disparus. JMO]

    Tout est calme et silencieux. Je bois 1/2 litre de café, mange un bout de chocolat et je mets à jour mon calepin dans l'abri où j'ai passé 3 jours et 3 nuits. J'ai les pieds tout mouillés et glacés, la capote couverte de boue et toute mouillée. Les oiseaux chantent - Un biplan vole paisiblement. Toute la division a été mise sur les dents pour cette affaire - J'essaie de me coucher un moment.

    Les Cies qui étaient autour du village sont reparties prendre les sacs au bois J.d'Arc et ont dû rentrer à Fréménil d' Ogéviller.

    Le peloton de la 22è reste. Le Ct G. se dit malade et rentre en auto. Vers 2h, la liaison part toute seule - les autres, par la ferme de l'Étang, moi par route Blémerey - Domjevin, vue de l'ennemi - ma bicyclette ne marche pas; je vais tâcher de réparer à Domjevin. Un automobiliste me verse 1/2 litre d'essence dans changement de vitesse - j'en retire cinq ou six branches de paille et ça marche - Bu un verre de vin et en route - Vu Vulliet (frère tué) - A Domjevin, on me croyait tué -

    Je rentre à Ogéviller par grand-route – 2 obus fusants sur voitures de paille – 3 sur convoi. À 6h dîner copieux à la popote - soir cartes (banco) à la popote – Je gagne 30 fr de Perret.

     

    17 juillet samedi. Ogéviller. Lettre de Marie de Petrograd. Nettoyé bicyclette du commandant - 1 petit verre de confiture : 0,65 - biscuits :0,40 - pétrole : 0,60 litre.

     

    18 juillet dimanche – Remise de décorations : Roubertie (Jean), Fleury (Georges) Absents . Le petit Favre reçoit légion d'honneur et le drapeau de sa Cie la croix de guerre. Je prends photos – Le soir, je prends aussi les tours d' Ogéviller où couchent les femmes du village pour être à l'abri du bombardement. Mon linge sera blanchi pour demain.

    10*1915-Juillet Combats Reillon-Leintrey-Gondrexon - La famille de Joseph quitte la Pologne 10*1915-Juillet Combats Reillon-Leintrey-Gondrexon - La famille de Joseph quitte la Pologne

     

     

    carte écrite par Joseph à Mme Reboul, retrouvée sur internet 103 ans après.

     

     

    19 juillet lundi. Reillon 293. Lettre de William et de Mlle Reboul, avec une boîte de chocolat.

     

    Départ le soir pour Reillon. Je passe par Domjevin avec Quétand, qui me quitte et je continue seul sur Vého, où je retrouve le Commandant. Nous partons pour le Bois Boué où reste la 24, et de-là le Ct transfère son poste à 293. À Domjevin acheté journaux et vu passer premiers obus asphyxiants.

    10*1915-Juillet Combats Reillon-Leintrey-GondrexonJe passe la nuit à chercher des fusées et à les porter au bois Zeppelin par la route du carrefour à Leintrey,qui passe entre nos positions et celles des Boches. La route est toute en trous - Le jour pointe, j'arrive au bois Zeppelin que je prends pour le Bois Rectangulaire, je prends le boyau à gauche et arrive avec mon <homme> et mes fusées au Bois Boué - Le Lt Favre me dit de les porter à sa 1e section qui les fera passer; je les remets à Fontborne et je rentre par la crête à 293.

    Il fait jour. Je me couche sur une planche d'un abri en construction; à midi je me lève brisé - je mange un morceau et je me rendors dans la tranchée, sur un peu de paille.

     http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/fr/ark:/40699/e00527c1179a5b34/527c1179cb432

    20 juillet mardi. Le soir, je descends à Reillon avec Quetand - Les lettres n'arrivent pas - je remonte - Le soir, je redescends - J'envoie 10 fusées par les cuisiniers au B. Zeppelin et 10 à 293 -

    (Altercation avec cap. Jardon) bu café et reçu fromage et vin aux cuisine – Trié lettres pour le Ct, Vittet et moi. Reçu lettre William et Cibaud – Le Ct a un abri pour lui et téléphone. Nous couchons Vittet et moi, dans l'ancien abri du téléphone. Nuit calme, bien dormi, jusque vers midi, après avoir joué à la bourre.

     

    21 juillet –

    Vers 2h 1/2 descendu à Reillon avec Pinget pour courrier. J'écris 3 cartes. À 5h vaguemestre pas arrivé.

    Comme le 223 doit attaquer le blockhaus 7, que nous n’avons pu prendre le 28 juin, nous remontons – Sachets respiratoires et note pour les Cies envoyés par Vittet et Quétand -

     

    Je pars à mon tour avec Pinget pour porter l'ordre général n° 128, Tenir jusqu’au bout sous peine de conseil de guerre, même au P.a.15 (bois Zeppelin).

     

    Nous suivons le boyau qui coupe la crête entre 293 et le bois sans nom (Bouée). On est vu du Rémabois sur une bonne partie du parcours. Du bois Boué, je pars au Zeppelin, je suis vu jusqu'au boyau - je rencontre Quétand et Vittet qui reviennent.

     

    11*1915-Juillet

     

     

    P.a.14 - Cote 293. J'arrive au pitoyable bois, bouleversé, marmité ; il n'en reste que des maigres bouleaux fracassés et clairsemés comme des perches à houblons.

    11*1915-JuilletJe traverse le bois dans les tranchées allemandes et j'arrive à l'abri boche du téléphone et du lieut. Gebs - Abri avec double blindage où l'on ne peut tenir qu'assis - mais il ne dépasse pas de terre et peut résister à tous les obus. Je fais donner avis, par téléphone de mon arrivée et je repars à 7h15, au moment où notre tir commence sur le blockhaus 7, à 400 mètres de moi. Bientôt la fumée de nos obus asphyxiants me cache le Rémabois et je rentre paisiblement au bois Bouée, pendant que les 150 allds commencent à arriver.

    Nous repartons par le boyau avec Pinget - le bombardement est déchaîné dans toute sa violence. Nos obus éclatent en formant une ligne de fumée bleuâtre - flamme vive à l'éclatement - bientôt tout Leintrey est entouré d'un demi-cercle de fumée. Les boches forment un barrage dans le bas avec de gros obus. Du boyau, comme d'un belvédère, nous assistons aux explosions. Nous rencontrons le lieut. Panisset avec un peloton qui descend le boyau et nous rentrons.

    La fusillade commence, puis les mitrailleuses allemandes - au moins 4 - crachent. Les balles sifflent au-dessus de nous. Nous ne recevons pas un obus.

    Le calme se fait; la soupe arrive - On mange paisiblement - Tout a échoué - Vers Gondrexon une reconnaissance est partie du P.a.6; elle a occupé une tranchée vide allde et tire par salves sur un groupe qui vient l'occuper (?).

    On s'endort. Le 75 tire de 10 en 10 minutes, probablement sur le blockhaus. La 24 è a eu 1 tué.

     

    22 juillet jeudi. La 23è au bois Zeppelin .

    L'artillerie allemande a l'air de régler son tir sur nous (293) pour ce soir, d'abord le 77 puis le 105 puis le 150.

    Je mange un morceau vers 11h avec le P. Sylvestre, maquereau, pâté de foie aux truffes (que j'ai reçu à Jolivet de Mme Labrune) un bout de fromage, du chocolat,un cigare.

    Nous faisons une partie de bourre pendant que les marmites boches tombent et envoient des éclats, au-dessus de nos têtes. 1 homme est tué dans la tranchée. Ribiollet clairon 22è Cie - un autre est tué chez les mitrailleurs, un blessé à la 21è.

    Relève assez tard, vers minuit à cause de la lune. Nous mangeons aux cuisines en passant. Coucher dans la paille maison du coin dont on a crevé un mur pour faire une entrée dans la cave.

    Reçu télégramme de Marie: elle est partie pour Stockholm, Bergen, le 18 au soir - 1 carte de Girard, une de Debolsky.

     

     

    23 juillet vendredi. Il pleut. Nous jouons aux cartes. Le soir nous bombardons le blockhaus et nous faisons une reconnaissance. Les Allds bombardent Vého et 2 maisons brûlent. Je vais aux cuisines avec Quetand. L'incendie nous éclaire. Les cuisiniers doivent traverser le village en feu et arrivent en retard. Lettre de Mme Bouvier.

     

    24 juillet samedi. Le Père Sylvestre est allé à Benaménil dire la messe et nous acheter des provisions. Rien de particulier - Lettre de Chabert et carte de Marie – Retour des 1ers permissionnaires de 8 jours.

     

    25 dimanche. Temps calme et gris - Je photographie les tombes du 230 qui sont à l'ouest de Reillon, sur vue du Rémabois. Une vue de l'église (ratée) et une du village avec l'église.

    Carte de Marie de Petrograd, elle se prépare au départ (11 juillet) avec Pchévalinsky - Ayant déjà reçu télégramme.

     

    3 avions français, nos pièces tirent. Le soir, après avoir mangé la soupe vers 9h 1/2, nous partons à 10h avec le commandant pour 293 relever l'autre bataillon .

    293 - La lune est voilée - temps tiède - il va pleuvoir demain. Relève assez calme. 6 coups de canons vers le Zeppelin, où va la 22è. Ma Cie est au carrefour. La 24è avec nous à 293. Nous mangeons avec elle - nous resterons probablement 3 jours au lieu d'un ou deux. Ma musette regorge de provisions; une boîte de confitures, 1livre de chocolat, 1 boîte de maquereaux au vin blanc, 1 b. de pâté, 1 fromage de Munster, 1 boîte de sardines, des cigares, des cigarettes, 2 serviettes, des mouchoirs, ma toile cirée imperméable, des films photos etc. J'ai un bidon de vin, 6 œufs. Quetand a pour moi de la viande, du pain et de l'eau-de-vie.

    Nuit tranquille - Il pleut un peu – pluie fine par instants.

     

    26 lundi. Temps gris, soleil, pluie fine - matinée calme. Dormi assez mal dans un petit abri - lever vers 10h – Déjeuner : œufs, confitures chocolat - Une partie de cartes, que j'abandonne pour lire un livre d'Abel Hermant: Eddy et Paddy, en fumant un cigare.

    Je vais faire un tour en arrière de la position. Le génie transporte des madriers pour couvrir un abri; des hommes armés de pioches cherchent des fusées dans des trous d'obus.

    Tout le pays est silencieux - Pas une voiture, pas un moteur - le canon guette et immobilise tout dans une zone de 10 à 15 Km de profondeur. Je descends à Reillon à bicyclette pour aller au carrefour communiquer les ordres. 2 avions allds survolent et m'obligent à m'arrêter au village. L'un reçoit un obus si ajusté qu'il plonge et disparaît - Arrivée au carrefour, j'assiste au tir des Allemands sur un des nôtres.

    Je trouve mon «Industriel» avec l’article sur la décoration de Favre.

    La Croix d'après le Gaulois annonce prise de Radon et bombardement d 'Iwangorod par 420 et 502 autrichiens.

    Vu Berrut, retour permission, Lieutenant Gebs me dit que 20è et 9è corps sont au repos derrière nous.

    En traversant Reillon, le colonel m'appelle par mon nom et me charge de commission pour Kappelhof et Girardin – Il me connaît donc, maintenant ?

    Remontée à 293 – soupe, coucher à minuit et demi ; lu jusqu'à 2h. « Les lectures pour tous » de Collonge. Nuit calme quelques coups de fusil vers Gondrexon où nous faisons une reconnaissance. Nous serons relevés qu'après-demain soir, le28.

     

    293 - La 23è au Carrefour - Capitaine en permission .

     

    10*1915-Juillet Combats Reillon-Leintrey-Gondrexon27 juillet - Il a plu dans la nuit - soleil - tout est calme –

    Les allds tirent quelques obus sur Reillon – nos grosses pièces répondent – silence. Lever à 10h café froid, à 11h 1/2 je mange viande froide, fromage, confiture à moi, quart de vin, une pipe. Promenade jusqu'à l'oseraie.

    Le soir, je porte la Décision au Carrefour par Reillon – Un seul avion, français se montre, violente canonnade, vers la droite, Bezange ou au-delà, la grosse artillerie boche avec tir salves régulières de 4 coups précipités.

    Je prends mon neveu avec moi en passant à Reillon, il est maintenant caporal. À l’abri du carrefour (il y en a 5 maintenant) les officiers mangent. J'annonce au sergent Muffat qu'il part demain en permission! Retour à 293 par Reillon avec Alphonse. Soupe – On entend la mitrailleuse vers le Rémabois. Tout se calme. Il pleut - Je dors un peu . Pas de lettres encore.

     

    28 mercredi . Lever 8h. Je descends à Reillon photographier les tombes –

    Je me fais raser et je me débarbouille.

    Nos 120 tirent - Rafales de 75 après. Lieutenant Duchesne m'apprend que nous serons relevés par 5è bataillon pour un jour. Discussion sur le moral des troupes. Je remonte à 10 h. Déjeuner ; boîte de pâté viande froide, fromage confiture, quart de vin café froid -cigare.

     

    Je vais faire une promenade à l'oseraie au soleil - Dans les champs de blé - qui ne sera pas fauché! Je cueille des mûres -

    Je trouve des cartouches françaises - une pelle-pioche - son étui - une fusée d'obus 77, des shrapnells en plomb, des éclats d'obus de gros calibre, une boîte de viande pleine; etc.

    Le temps et splendide avec du vent du midi. Tirs d'artillerie. Je me couche dans mon trou. Relève par le 5è bataillon. Les Allemands tirent un peu. Mangé aux cuisines. Couché mal à la tête.

     

    29 juillet. Reillon. Départ; Mal à la tête. Le 299 relève très tard pas de clair de lune. Mal de tête violent - je pars avec Quétand par Vého et Domjevin, vers minuit 1/2. Arrivé à Domjevin, je tombe sur un sommier crevé à côté d'un inconnu; je me sens très mal, névralgie. Vers 2 h, Quétand m'appelle pour partir, avec Crétin, pour Benaménil. La névralgie est passée, mais je me sens mal.

    À Benaménil, j'entre dans la 1e grange venue et je m'endors sur le foin. Le bataillon passe pour s'embarquer en auto. Vers 4h, Quétand et Crétin m'appellent; je reste couché - À 6h, je pars tout seul.

    Arrivée à Marainviller, j'achète du tabac, je déjeune chez Madame Mammerville qui raconte les effets du bombardement ;

    Départ pour Lunéville vers 8h 1/2 . Arrivée à Lunéville vers 9h1/2 - Bain - Journaux - A l'hôtel du Cheval de Bronze - Achat d'un complet bleu en toile, 39 fr ; molletières, 5fr. Départ à 1h . Vu la blanchisseuse; arrivée à Einville vers 2h. je monte à Bonviller, à ma Cie et je mange avec les camarades - Jolivet part en permission, après Muffat, Berrut, Gallay, Pillet.

    Reçu carte de Marie de Londres.

     

    31 samedi. Nous mangeons avec Vittet, à la 20è avec <Gallier> etc. Demain Vittet part en permission et je le remplace.

    Reçu lettre de Marie un « bleu »[Télégramme]  de Paris.

     

     

     

    11*1915-Juillet
     


  • 11*1915-Aôut 

     2 août lundi . Averses (Dans la nuit orage, tonnerres).

    Après-midi, je monte à Bonviller, visite au capitaine malade – aux lieutenants Gebs et Hugounenq, photo - équipement boches -

    Touchés 2 prêts 36 francs 50 .

    Nous avons transporté la paille dans la chambre d'en haut ; les puces nous dévorent.

    Reçu lettre du Dr Péthellaz (malade) et de Marie (Paris).

    3 août mardi. Rien de particulier - Je fais des photos.

    Pas de lettres. Varsovie va être abandonné.

    4 août mercredi. Reçu mes dernières photos de Lunéville.

    Boisier nommé sergent.

     

     

     

    ENVILLE - BIENVILLE

    10 août. Pluie, au lieu de la marche à Courbesseaux, à 9h prise d'armes pour décoration du capitaine Fleury, près de la ferme entre Einville et Bonviller. Cap. Roubertie évacué. Le soir, par suite du départ du Ct Girardin nous suivons le cap. Fleury, chef de Bataillon, à Blainville - Toute la liaison. Installation à la mairie. Je mange avec les mitrailleurs: Vulliet, Chavannes, Dupont, le p.[Père] Sylvestre.

    ( photo près de l'école de Laronxe)11*1915-Aôut

     

    11- Je mange à la popote de la 24è. Adjt Degaye – la même à laquelle je mangeais à Valhey – avec Colllonge en plus et quelques tués... Pollier, Raffort – Mme Degaye est là, le cuisinier Masson. Beau temps avec averses d'orages.

     

    12- Bienville - Marie est toujours à Paris.

     

    13 Vendredi. l'Adjt Vittet rentre. Les 2 è et 22è Cies partent faire des travaux à 2h30 - puis par le train de Jolivet à Benaménil- Vittet m'apporte lettre et paquet de Mme Labrune - M. Bouvier m'annonce la mort de René Girard.

     

    15 août. Dimanche - Bienville - Averses. Le matin remise de croix de guerre à Einville - Nous n'y allons pas - Nous devons partir demain soir pour Reillon.

    Marie m'écrit qu'elle part en Bourgogne (le 13 août)

     

    16 août. À 8h, départ à bicyclette avec Quétand par Lunéville. 11*1915-Aôut

    Pris un bock, fait des commissions à Jolivet.

    Vu les connaissances, Mme Messin, ma propriétaire de chambre - Mlles Gérard.

     

    Le train part en retard vers 8h. Arrivée à Benaménil - Départ à bicyclette par Domjevin, Vého.

    Arrivée à Reillon, en même temps que le colonel et les sapeurs venus par le train précédent. Le 299 est là, prêt à partir. Pas de bombardement sérieux, pendant la relève ;

    cependant il y a 2 blessés au 299 qui a eu, au total, 2 tués et 13 blessés pendant les 18 jours.

    Boisier et Sylvestre arrivent avec le Cap. Fleury, venant du village nègre par le bois Jeanne d'Arc (la 22è a eu 22 blessés légers, pendant les 3 nuits de travaux devant Vého).

    Vittet, Pinget arrivent avec la 24è Cie et la 23è. Coucher vers minuit.

     

    17 - Bombardement violent de notre part : 75, 155 et 2 grosses, qui ébranlent le sol. Les Allds tirent peu. Cependant, dans le village, derrière l'église, la 19 è a 2 tués et 1 blessé grave (en venant aux lettres) – Le 37è territorial a 13 blessés au bois Boué, qu'on ne pourra ramener que ce soir. Dans la nuit, violent bombardement des 2 côtés.

     

    18- Je vais aux Vergers le matin. Il paraît que j'aurais ma permission -

    Les Allemands bombardent Reillon (le carrefour de 293) avec du 105 et du 77 systématiquement.

     

    19 jeudi. Ce soir relève. La nuit bombardement.

    Je descends le soir avec Lathuile à Domjevin. Falconet téléphone au Colonel - Je ne pourrai partir que le 21, samedi matin.

     

     

     

     

    21 - Départ à 8h pour Benaménil pluie. Tramway.

    Le sergent-major Favre Fabien va se marier, Marsais chef armurier part aussi - Déjeuner à Lunéville - Je pars seul à 12h.57 et doit être à 9h30 à Paris - Nancy Dépêche. Paris 18h - Coucher seul passage St Philippe-du-Roule.

     

    22 août dimanche. Paris . Déjeuner avec Mlle Berthe [ Soeur de sa belle-soeur] . Je pars chez les Empereur et Girard absents après avoir déjeuné Gare St- Lazare. À 6h, allons attendre gare de Lyon avec Berthe - personne! En rentrant à St Philippe, nous les voyons descendre d'un taxi-auto!

     

    23/24/25/26/27/28/29 août: Permission

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    Quelques lettres échangées entre William, sa famille et Joseph ou Marie ont été gardées, et témoignent de cette première permission en famille !

     

    (Lettre de Joseph à son beau-frère William, lui annonçant son arrivée en permission)

     

    Le 18 août 1915, Cher beau-frère, 11*1915-Aôut

    Demain ou après-demain, je pense me mettre en route pour Paris. je ne peux encore fixer la date ni l'heure d'arrivée à la gare de Lyon. J'espère pouvoir le faire par dépêche en cours de route. Prévenez Marie si ma lettre arrive avant moi, que depuis hier les permissions sont réduites de 8 à 6 jours pleins, non compris le voyage; dans les régiments où on donnait 4 jours, on en on donnera 6 également, d'une façon uniforme, de façon à rétablir l'équilibre .

    J'ai écris à Vermenton ces jours-ci, mais il m'a semblé comprendre que Marie pensait rentrer vite à Paris, sans doute pour m'attendre. Je vous écris donc à vous, pour être sûr que ma lettre trouvera un destinataire à Paris.

    je vous embrasse affectueusement et vous dis à bientôt et vous dis à bientôt, si je n'ai pas d'accident de chemin de fer. Votre JDuchêne

    Reçu à l'instant votre lettre de Vermenton du 15 août . Merci Jo.

     

     

     

     

    Lettre de Marie à sa belle-sœur Jeanne (femme de son demi-frère William) – Août 1915 .

    Marie, arrivée récemment de Pologne, 11*1915-Aôutrevoit enfin son mari Joseph pour la première fois depuis plus d'un an.

    "24  août, Ma Chère et bonne Jeanne,

    Merci, cent mille fois merci pour ta bonté et tes soins.

    J'espère toujours qu'un beau jour je pourrais te rendre ce que tu fais pour moi,car grâce à toi et à William j'ai un coin où je peux passer mes six jours avec ceux que j'aime. Joseph va bien, mais il a maigri beaucoup. Il en a assez de cette vie pénible, ce n'est plus à son âge ni avec ses aptitudes qu'on peut s'habituer à la vie qu'il mène, à tout ce qu'il voit, à ce qu'il comprend et il en voit beaucoup de choses comme William et pas en rose. Ils sont tous les deux contents de bavarder" ...

    11*1915-Aôut

     

     

     

     

     

     le 4 septembre, Mon cher William,

    Ce matin j'ai reçu une lettre de Joseph, il va bien; il est allé rejoindre ses camarades aux-avants postes. Il pense que mon voyage dans une ville auprès de lui ne pourra s'arranger d'après ce qu'il voit.    Nous vous embrassons tous bien fort. A bientôt, Ta soeur qui t'aime bien , Maroussia.

     

     

    Lettre de Joseph à Suzanne ( La fille de William) dont le mari Léon Legallic est mort le 30-11-1914 Ardennes - Son corps n'avait pas dû être retrouvé après la bataille et donc il a certainement été porté disparu. Le jugement déclaratif est de 1918. C'est à dire que pendant tout ce temps Suzanne Le Gallic espère que son mari n'est pas mort et qu'il s'agit d'une erreur, comme en témoigne la réponse que lui fait Joseph en septembre 1915. Pourtant dès novembre 1914 William avait annoncé cette nouvelle à Joseph.

    "10 septembre 1915- Chère Suzanne,11*1915-Aôut

    Votre question à propos du N° de matricule m'a un peu embarrassé. 

    Non on ne change pas de numéro au moment de la mobilisation ; seulement sur chaque livret, il y a deux numéros. Celui du recrutement et celui du répertoire du régiment. C'est peut-être ce qui vous a fait croire à un changement de numéro pour Léon.

    Revenu sur le front après mon court séjour à Paris, j'y ai trouvé beaucoup de mouvement et de bruit.

    Aujourd'hui, c'est un vacarme effrayant. Les Boches se sont fâchés et tirent autant que nous - L'air est constamment rempli de gazouillement léger des gros obus passant haut sur nous -

    Baisers pour les enfants. Je vous embrasse affectueusement ainsi que Mme votre Maman . Jo "

     

     

     

     


     

     

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    Reprise du carnet de Joseph . Joseph écrit de moins en moins dans son carnet. Est-ce le fait que sa femme et ses fils soient maintenant en France, et qu'il peut plus facilement leur écrire, est-ce par lassitude de la guerre? Il semble avoir été malade. Le JMO lui aussi est assez laconique ...

     

    11*1915-Aôut et septembre.

    St Clément

    30 lundi. Matin départ - Déjeuner dans le train - arrêt à Nancy - Coucher à Lunéville (avec Maréchal des Logis chef 62è art. 71è Divon)

    Départ à 10h, tramway Thiébauménil; mangé au convoi.

    Parti avec convoi pour Domjevin.

    Monté, le soir avec Vulliet à Reillon. Monté à 9h à 293.

     

    31 août- Construction de l'abri pour liaison

     

    10 sept - Violent bombardement boche.

    16 sept. Relève - départ St Clément - Je suis malade, coliques.

    Parti avec voiture du 223è avec lieutenant Duchesne jusqu'à Domjevin.

    Couché à Domjevin - parti en voiture vers 3h avec majors et Colly. Arrivée à St Clément à 5h. dormi à l'infirmerie.

    17 au 28 soir. Repos St Clément - Marie est à Massingy [ Village de la famille de Joseph en Haute-Savoie] - Ennuis d'argent - bridge.

     

     

    Notre grande offensive est commencée depuis le 25. 11*1915-Aôut et septembre.

    Le soir 25, 1ère dépêche annonçant 12.000 prisonniers en Champagne.

     

    27 lundi. Visite Dr Demain = pas d'opération possible. Parlera au cap. Fontanel.

     

    28 mardi.

    Départ à 2h pour relever à Vého, le 217.

    Arrivé au P.a.16, route de Vého à Leintrey, un violent bombardement qui ébranle notre abri nous souffle dans la figure et fait vaciller la bougie.

    Les obus arrosent les tranchées, la route, le P.A.X et Vého.

    Aspect curieux du village de P.A.X - Canapés - Sommiers.

     

     

    Mercredi 29 sept pluie -

    On dit que 3 de nos divisions auraient forcé la ligne allemande en Champagne.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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    Lien vers le Journal de Marche de son régiment J.M.O.26 N 722/9

    http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/fr/ark:/40699/e00527ac293796d7/527ac29591649

      http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/fr/ark:/40699/e00527ac293796d7/527ac29594d91

    http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/fr/ark:/40699/e00527ac293796d7/527ac295e14dc

    11*1915-Aôut et septembre.

     

     

     

     

    11*1915-Aôut et septembre.

     

     

    11*1915-Aôut et septembre.

    11*1915-Aôut et septembre.

     

     






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